L'Union suisse des arts et métiers met en garde contre les conséquences de l'initiative dite du «chaos»
L'initiative dite «du chaos», sur laquelle nous voterons le 14 juin 2026, menace les emplois, alourdit la bureaucratie et affaiblit la place Ă©conomique suisse. Les PME, en particulier, en ressentiraient immĂ©ÂdiateÂment les consĂ©quences. Elles sont dĂ©jĂ confrontĂ©es Ă une pĂ©nurie de main-d’œuvre qualifiĂ©e, a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident de l’usam et conseiller aux États Fabio Regazzi lors de la confĂ©rence de presse du Conseil fĂ©dĂ©ral, des cantons et des partenaires sociaux. L’Union suisse des arts et mĂ©tiers usam rejette donc clairement l’initiative.
La Suisse est un pays de PME: plus de 99% de toutes les entreprises sont des PME; elles créent environ deux tiers des emplois. Beaucoup d'entre elles recherchent désespérément de la main-d’œuvre qualifiée – dans la construction, l’artisanat, la restauration ou les soins. Le problème deviendrait encore plus important avec l’acceptation de l’initiative dite «du chaos», sur laquelle nous voterons le 14 juin 2026. Cette initiative exige un plafonnement rigide de la population et implique in fine la dénonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes.
«Cela mettrait le secteur des arts et métiers en difficulté pour recruter la main-d’œuvre qualifiée, dont il a un urgent besoin. Nous le constatons aujourd’hui déjà : si un poste ne peut être pourvu, une petite entreprise le ressent immédiatement», a déclaré le conseiller aux États Fabio Regazzi, président de l’Union suisse des arts et métiers usam et entrepreneur, lors de la conférence de presse.
Regazzi: personnellement concerné
Son entreprise est elle aussi constamment Ă la recherche de main-d’œuvre, a soulignĂ© Fabio Regazzi. «Une rĂ©siliation de la libre circulation des personnes signifierait», selon lui, «que les entreprises devraient Ă nouveau demander des dizaines de milliers de permis de travail et de sĂ©jour. Pour les PME en particulier, la charge administrative augmenterait considĂ©rablement – avec des retards, des coĂ»ts supplĂ©ÂmenÂtaires et de l’incertitude.»
Dans le même temps, notre société vieillit. Chaque année, le nombre de personnes qui partent à la retraite dépasse celui des jeunes Suisses qui entrent sur le marché du travail. Sans immigration, il manquerait chaque année environ 20’000 à 30’000 travailleurs sur le marché du travail suisse.
Une résiliation de la libre circulation des personnes signifierait que les entreprises devraient à nouveau demander des dizaines de milliers de permis de travail et de séjour. Pour les PME en particulier, la charge administrative augmenterait considérablement – avec des retards, des coûts supplémentaires et de l’incertitude.
Situation actuelle: 1,8 million d’étrangers travaillent en Suisse
Aujourd’hui, environ 1,8 million d’étrangers travaillent en Suisse. Une personne active sur trois ne possède pas de passeport suisse. Ils travaillent dans les restaurants, les hôtels, sur les chantiers ou dans l’artisanat et contribuent de manière significative au succès économique de notre pays.
«Sans accès Ă une main-d’œuvre qualifiĂ©e venue de l’étranger, il sera encore plus difficile pour de nombreuses entreprises de pourvoir les postes vacants et d’exĂ©cuter leurs commandes. Une dĂ©nonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes ne ferait qu’aggraver ces problèmes», relève Fabio Regazzi. Dès que la population atteindrait 9,5 millions d’habitants, l’initiative aurait des rĂ©percussions nĂ©gaÂtives sur les relations avec l’UE. De plus, une dĂ©nonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes entraĂ®nerait autoÂmaÂtiqueÂment la dissolution de tous les accords bilatĂ©raux I. «L’initiative remettrait ainsi en cause l’ensemble de la voie bilatĂ©rale.»
Pour l’Union suisse des arts et métiers usam, une chose est donc claire: l’initiative reprend des préoccupations réelles, mais n’apporte aucune solution. La Chambre suisse des arts et métiers, parlement des PME, a pris position sur l’initiative en février, de manière très nette.
Renseignements complémentaires
Fabio Regazzi
Président, conseiller aux États Le Centre/TI
Urs Furrer
Directeur
Documents à télécharger
L'Union suisse des arts et métiers met en garde contre les conséquences de l'initiative dite du «chaos»