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52es Journées romandes des arts et métiers

Organisée les 24 et 25 juin à Champéry, l’édition 2019 des Journées romandes des arts et métiers a été placée sous le thème «Politique en faveur des PME» avec notamment :

Monsieur le Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du Département fédéral des affaires étrangères DFAE
Tour d’horizon sur la politique économique extérieure

Madame Andréa Maechler, membre de la Direction générale de la BNS
Tour d’horizon de la situation économique et monétaire en introduction des JRAM 2019

Monsieur Pierre-Yves Maillard, nouveau président de l'USS
Point de vue sur la politique en faveur des PME

Horaires et lieu des conférences
  • Ouverture: 24 juin 2019 à 9h30
  • Clôture: 25 juin 2019 à 12h
  • Lieu: Palladium de Champéry (Website / Google Maps)
Programme aux conférences

Programme détaillé (PDF)

Lundi, 24 juin 2019

Politique en faveur des PME

10h15 : allocution d’ouverture, André Berdoz, vice président de l’usam nous souhaite une cordiale bienvenue. «Nous représentons 99,8% des PME. Ces journées à Champéry nous permettent de promouvoir nos idées. Que font nos politiques pour les PME? Que ne font-ils pas?» Le programme sera intense avec de nombreux débats.

La politique est le premier des arts et le dernier des métiers, comme l’écrivait Voltaire.

10h20: Perspectives économiques et monétaires : un dialogue avec la BNS.
Andréa Maechler, membre de la Direction générale de la BNS.

Nous sommes un petit pays ouvert, pour nous il est important de prendre en compte le contexte international. La dynamique sous-jacente est robuste, mais des signaux mitigés dans l’économie internationale. Les perspectives de croissance sont relativement solides, en Suisse également. Les marchés du travail sont excellents. Et une politique monétaire expansionniste. Toutefois, certains signaux sont mitigés. Comme le climat des affaires dans le secteur manufacturier, en Europe en particulier. Il est descendu. Le commerce international s’est affaibli. C’est dû aux tensions protectionnistes entre les Etats-Unis et la Chine.

Depuis 2007, l’index de l’incertitude politique et économique est au plus haut. Le Brexit, l’élection de Donald Trump, les tensions géopolitiques (Iran, Vénézuéla). Sur les marchés financiers, on voit des signaux contrastés. Un rebond des marchés à risque. Le SMI a atteint le seuil des mille points, c’est un seuil. Mais d’un autre côté, on voit un repli des taux d’intérêts à long terme. Depuis mi 2018, on voit que la dynamique va s’affaiblir sur dix ans. Le taux de l’Allemagne à 10 ans est plus faible que celui du Japon. Pour nous, cela veut dire que les marchés attendent des taux de base de la FED assez bas pour longtemps, en Suisse également. Les marchés n’attendent pas de hausse des taux de la BCE d’ici fin 2022. Pour la Suisse, l’indicateur des directeurs d’achat dans le secteur manufacturier est descendu fortement depuis mi-2018, mais reste autour de la ligne de zéro. Va-t-il se stabiliser?

Mais comment la BNS prend-elle le pouls de l’économie suisse. Nous avons huit régions en Suisse, Fribourg Vaud et Valais constitue une région. Genève, Jura et Neuchâtel une autre. Nous avons des ambassadeurs qui mènent des enquêtes, une trentaine dans différents secteurs et branches. Cela nous donne un signal presque en temps réel. Ces enquêtes sont intégrées dans nos discussions au Directoire. Nous publions cela à un rythme trimestriel. Par exemple, nous demandons aux chefs d’entreprise comment ils voient leur chiffre d’affaires évoluer. Parfois, cela recoupe d’autres indices, parfois c’est plus contrasté. Notre inflation reste très basse. Notre politique monétaire doit rester expansionniste et basée sur des taux négatifs. En Suisse, le taux d’intérêt a toujours été 1 à 1,5 point en dessous des taux européens.

Mais en 2014, la différence avait disparu. Et nous avons dû rétablir ce différentiel – avec le taux négatif. Nous le faisons pour garder la stabilité des prix – qui permet de garder la stabilité du pouvoir d’achat et de l’épargne. Et pour obtenir des conditions-cadres solides en Suisse. Le problème des investisseurs, ce n’est pas le taux d’intérêt. C’est l’environnement général des taux d’intérêt bas. C’est aussi un phénomène structurel, une population qui vieillit et une productivité qui a baissé. Donc comment garder une productivité haute en Suisse. Et la politique monétaire est d’abord une condition-cadre. Il faut donc des réformes structurelles pour accroître le potentiel de croissance. La politique monétaire n’est pas toute puissante!

Questions à Andrea Maechler: sur la prise de décision à la BNS. Nous sommes trois dans la direction générale, six dans la direction élargie. Nous prenons deux jours pour l’appréciation. Les experts nous amènent les thèmes, nous sommes soixante. Le deuxième jour, nous sommes une quinzaine. Et à la fin, les trois portent la décision.

Sur le 15 janvier 2015. Trop d’indépendance par rapport au monde politique? Nous devons prendre des décisions difficiles à court terme mais nécessaires sur le long terme. L’indépendance nous est donnée par la loi et parfois nous devons prendre des décisions difficiles.

Indépendance des autres décisions d’autres organes monétaires? La force de la Suisse est d’être une petite économie globale et ouverte. Notre politique monétaire est différente de celles des autres banques centrales. Nous, c’est la stabilité en Suisse qui compte. Donc nous intervenons sur le marché des changes. Le reste du monde voulait ramener l’argent en Suisse. Une forte demande mais personne ne voulait vendre des francs suisses. Donc nous en avons vendu.

Questions dans la salle? Sur l’avenir des caisses de pension. Les rendements sont bas sur tous les placements. Parce que la productivité globalement a baissé. Ce taux de la BNS n’est pas le principal défi pour les caisses de pension. Nous imposons ce taux sur la liquidité que les banques détiennent chez nous. Or les liquidités des caisses de pension dans les banques représentent moins de 5%. Ce qui est plus ennuyeux pour les caisses de pension, c’est si les perspectives économiques s’assombrissaient, les taux à long terme seraient bien plus bas. Nous sommes persuadés de la nécessité de ce taux dans le contexte actuel.

Question sur Trump. Le Président communique de manière spéciale. Il publie chaque année un rapport contenant des critères d’intervention. La Suisse ne figure plus sur ce rapport. Notre mandat du Conseil fédéral fait de nous un bon joueur à l’international mais le travail que nous faisons s’effectue surtout dans l’intérêt de la Suisse. Mais nous avons beaucoup de discussions avec les autorités américaines.

11h00: Politique suisse en matière de croissance: croître ou ne pas croître?
Débat avec Michaël Buffat (UDC), Isabelle Chevalley (VL), Benjamin Roduit (PDC) et Laurent Wehrli (PLR). Ada Marra (PS) n’a pas pu être présente.

Sommes-nous devenus trop gourmand en matière de croissance?

Benjamin Roduit: Non, si on ne se limite pas seulement au critère économique. Le Club de Rome dans les années septante avait lancé le débat. Aujourd’hui, la croissance a un rapport avec l’éthique. Madame Maechler a cité le critère démographique. Il faut poursuivre la recherche du bien-être mais pas seulement économique.

Laurent Wehrli: tout être humain croit. Mais est-ce seulement lié à des indices. On arrive au terme d’un cycle économique. Il existe même, pas loin d’ici un parti qui s’est créé sur la décroissance. Mais même un tel parti a besoin des entreprises et de l’économie.

Isabelle Chevalley: Bien sûr que je suis pour. Au Bhoutan, on mesure le bonheur national brut, la qualité de vie. Si on augmente les centrales à charbon, ce n’est pas gagné d’avance.

Sur les facteurs liés à la croissance, au fond, en matière d’innovation, qui mène la danse?

Laurent Wehrli: Ce n’est pas à une commission fédérale mais aux entreprises à définir ce qu’est l’innovation. C’est une relation entre l’Etat et les entreprises, comme un pas de danse à deux.

Benjamin Roduit: C’est le politicien qui donne la mélodie, qui donne l’impulsion, qui permet l’innovation et des adaptations rapides.

Sur le frein à la réglementation

Benjamin Roduit: Si on peut alléger, oui, il faut le faire. Mais sur les ouvriers détachés, par exemple, il faut plus de réglementation. Notre modèle suisse est un équilibre.

Laurent Wehrli: Il faut examiner dans chaque cas s’il y a adéquation entre la réglementation et la réalité. La recherche doit pouvoir rapidement devenir appliquée au service des entreprises.

Isabelle Chevalley: si l’UDC veut une loi pour l’hymne national, quelles sont les deux lois à supprimer. Evitons de tomber dans le slogan.

Sur la formation

Benjamin Roduit: Les jeunes pourront assimiler les innovations. Notre système doit se donner les moyens et donc je suis pour plus de subventionnement.

Isabelle Chevalley: l’apprentissage renforce l’employabilité et permet de donner à l’économie des jeunes. Cette chance se travaille comme dans un couple. Dans ma région, la Confédération devrait soutenir un projet de centre de formation professionnelle.

Laurent Wehrli: Travailler plus étroitement entre monde du travail et politique. On demande toujours plus de course aux diplômes. Mais il faut donner à chacun une chance de s’intégrer. Et il y a encore du travail faire pour être en adéquation avec les différents besoins.

Politique en faveur des PME : la stratégie de l’usam

Alexa Krattinger, responsable politique fiscale et financière Mesdames les parlementaires – Mesdames les futures parlementaires. C’est quoi cette stratégie de l’usam? Notre boussole, notre phare. Aujourd’hui, nous visons la stratégie 2022. Mais qui l’inspire? Avec près de 500 000 PME, une base solide, une force qui monte et converge, la défense des PME. Notre action doit faire du sens et être durable.

Les PME créent de la valeur. Flexibilité, engagement, expertise. Nous voyons augmenter la densité normative: 60 milliards de coûts inutiles. L’usam recommande le frein à la réglementation, acceptée par les deux chambres. Ce frein permettrait de supprimer les doublons. Nous faisons confiance au conseiller fédéral Guy Parmelin.

Politique fiscale: nous avons trouvé un compromis qui a permis de rassembler une majorité. La liste des succès est longue. Aménagement du territoire, formation, femmes PME, marchés publics.

Et un appel: avec qui pourrions-nous avancer, avec un maximum de pertinence pour les PME – je lance ici un appel ! Nous souhaitons aussi soutenir les parlementaires avec la PME attitude de Laurence Parisot qui était venue l’année dernière. Plein succès à vous tous.

Débat entre Pierre-Yves Maillard (PYM), président de l’Union syndicale suisse USS, et Jean-François Rime (JFR), président de l’Union suisse des arts et métiers usam.

D’abord, comment ça se passe entre vous?
PYM: Il y a dans le partenariat des moments de convergence, des moments de divergence. Le partenariat social, c’est gérer les moments de lutte pour continuer à travailler ensemble. Même si on a déjà quelques désaccords.

JFR: Lesquels ? Sur l’accord cadre, on est d’accord. Bon, les syndicats sont un mal nécessaire (rires). On essaie de régler beaucoup de problème avec le partenariat.

Les patrons sont-ils des gens bornés ?
PYM: Parfois il faut créer la capacité d’écoute. J’étais secrétaire syndical à Lausanne. Dans la vente et dans les machines. J’ai géré une vingtaine de licenciement collectif pour gagner la capacité d’écoute. Je connais peu d’entreprises qui regrettent le résultat final. La Sapal est encore là. Notre but était de faire remonter les idées.
JFR: Les licenciements collectifs impliquent une certaine taille. Dans une PME de quinze personnes, le patron les a tous engagés, quand il doit licencier cela va mal.
 
Faut-il changer quelque chose chez les patrons ?
PYM: Lorsque la FTMH, on a eu une vague de licenciements. En allant au portail et en discutant avec les gens, la notion du patron qui licencie seulement quand ça va mal, cela avait changé.
JFR: Un autre sujet sur lequel on est d’accord. La loi sur les marchés publics. On a trouvé des solutions constructives pour garder les emplois en suisse.
 
S’il fallait changer quelque chose ?
JFR: Je ne vois pas quelque chose en particulier. Continuer les négociations avec un minimum d’intervention de l’Etat.
 
Vous avez dit que l’économie va bien. Qu’en est-il ?
PYM: On est dans une phase rare où le taux de chômage baisse, la croissance est bonne mais les indicateurs ont baissé en valeur réelle sur deux ans. Les salariés après 3-4 ans de bonne conjoncture se retrouvent avec un pouvoir d’achat réduit. Même si cela va bien à l’intérieur, la pression extérieure existe. J’ai été sceptique sur la décartellisation, il faudrait garder un peu de régulation. Il va falloir reprendre le contrôle sur ce qui se passe dans notre pays.
JFR: L’économie va bien, certaines branches moins bien. Migros Coop etc sont généreux, mais pas du côté des salaires.
PYM: Il faut soutenir les branches qui ont de plus faibles masses salariales
JFR: Je me suis opposé à un système d’allocations familiales. De toute façon, elles sont plus élevées en Suisse romande. Donc une fédéralisation de ce sujet n’est pas souhaitable.

Congé paternité?
PYM: quatre semaines c’est raisonnable!
JFR: Est-ce que le patron pourra prendre un congé de paternité ? Il faudra faire le pas, c’est plutôt un problème pratique. Mais alors deux semaines.
PYM: Ce sera une bonne journée si on arrive avec un résultat. Je crois qu’on est mûr pour cela, le peuple décidera entre deux et quatre semaines. Dans dix ans, on ne se posera plus la question de leur utilité.

Numérisation
JFR: C’est une difficulté. On doit évoluer. Cela pose problème pour des gens qui n’ont pas de formation de base. On a pu passer des gens dans d’autres branches avec l’arrivée de machines, mais on ne pourra pas toujours y arriver.
PYM: Il y avait des dactylos, ce n’est pas pour autant que les métiers administratifs ont disparu. Je ne crois pas du tout à la fin du travail. Il faudra adapter les formations, et conserver un sens de la responsabilité sociale pour ceux qui ne se seront pas adaptés. Et de le faire dans le cadre du partenariat social.
JFR: Imposer les robots ? La Suisse ne doit pas faire cavalier seul. La loi sur les denrées alimentaires comprend 1500 pages d’ordonnance. On a des juristes encore plus pointilleux pour faire des ordonnances. D’où le droit de veto du Parlement sur les ordonnances.

Des risques de suppression d’emplois sur la numérisation?
JFR: Bien sûr que le risque existe réellement. Mais nous le vivons depuis un siècle et demi. Chaque année dans le Canton de Vaud, il fallait quelques centaines d’emplois dans la santé sociale, les soins à domicile, les EMS, les hôpitaux. Et on n’arrivait pas à en former assez. Pour la révolution numérique, il faudra trouver des mécanismes pour financer les formations.

Quid des relations bilatérales. Que faut-il clarifier?
JFR: Je n’ai jamais vécu une situation pareille. Il y a un tiers des points où on est d’accord, un tiers des points à modifier et un tiers où on n’est pas d’accord.
PYM: Je suis d’accord sur le fait qu’on n’a jamais vu un processus politique pareil. L’écart entre les pressions politiques et la façon dont le sujet est reçu par la population. La population commence seulement de percevoir de quoi on parle. Et les premières réactions ne sont pas évidentes. Personne n’ose lui proposer l’adhésion, mais on lui propose une reprise du droit européen. Avec à la fin une clause guillotine. Il y a aussi le chapitre des aides d’Etat qui sont interdites sauf une liste serrée d’exceptions. Chez nous que deviendrait la promotion économique ? Et les banques cantonales ? Avec des principes qui s’appliqueraient en cas de renégociation des accords existants. Les cantons devraient demander une autorisation préalable pour toute aide.
JFR: Qu’est-ce que nous coûterait l’indemnisation des chômeurs frontaliers ?
PYM: On nous demandait de régler tout en dix jours au 28 juin. L'UE veut avoir une ligne dure avec la Suisse parce qu'elle veut une ligne dure avec la Grande-Bretagne.
JFR: Le milliard de cohésion, si on arrive à un bon accord, je suis même d’accord qu’on le paie.

Politique extérieure: accord ou pas d’accord
  • CN Philippe Bauer PLR/NE
  • CN Claude Béglé PDC/VD
  • CE Christian Levrat PS/FR
  • CN Yves Nidegger UDC/GE)

Faut-il plus d’accord de libre-échange?
Levrat: Oui, car on gagne un franc sur deux à l’étranger. On essaie autant que faire se peut de redémarrer la machine multilatérale, puis par des groupes, dernier cas de figure, des accords bilatéraux. En Malaisie, le parlement a refusé par anticipation sur l’huile de palme. La gauche altermondialiste s’est liée à la droite dure. Il y a un travail d’explication pour faire passer ces accords. La moitié de nos emplois dépend des exportations et notre marché intérieur est minuscule.
Béglé: Oui, consensus il y a la possibilité de faire des accords de libre-échange est essentiel. Dissension il y a en revanche sur les conditions. Sur l’huile de palme, le débat portait sur la Turquie et les droits de l’homme. Erdogan n’est pas un modèle d’écoute, mais c’est un système politique qui fonctionne. Une partie de la gauche voulait le bloquer en attendant que le conseil de l’Europe ou l’Onu nous dise que la situation est revenue à la normalité. Un accord, ça doit être donnant-donnant. Avec Mercosur, on ne peut pas ne pas mettre la viande.
Bauer: Nous n’avons pas d’autre choix. Vingt milliards d’exportation pour l’horlogerie. Je suis donc cent pour cent d’accord de passer les accords de libre-échange. Mais le lobby agricole au National est minoritaire. Il parvient à faire capoter l’accord ou ajouter des clauses.
Nidegger: Face aux grands blocs, il est bon que la Suisse aie de bons rapports avec tout le monde. Comme on élit les gens pour décider, on court le risque qu’ils décident.

Position face à l’agriculture
Levrat: Comme élu, on ne peut pas mener une politique contre l’agriculture. Mais aussi, on est le pays le plus protectionniste au monde. Je suis prudent quand on nous annonce un accord avec les Etats-Unis et qu’il y a les questions agricoles. Il faut aussi éviter de vendre des illusions, le chemin est encore très long avant d’y arriver. Mercosur, c’est un hamburger par personne et par année…Mais pour certains, l’industrie laitière, on a des débouchés à l’exportation.
Bauer: Notre agriculture existe et il faut le reconnaître. Mais les grandes organisations ne doivent pas voir le sujet par le petit bout de la lorgnette.
Nidegger: expliquer aux paysans que c’est dans leur bien à long terme constitue un exercice didactique intéressant. Cela dit, trouver un consensus entre les affaires et l’agriculture est quelque chose que nous savons faire en Suisse.
Béglé: sur l’agriculture, on a presque toujours un accord UDC PDC. Très souvent au vote, les alliances sont différentes de gauche-droite. Face à l’agriculture américaine de masse, l’agriculture suisse n’y arrive pas. Mais sur les AOC. Valeur ajoutée : on est d’accord pour importer de la viande pour faire de la viande séchée. Sur Mercosur, ce que la Suisse gagne est vingt fois plus important que ce que la Suisse perd sur Mercosur.
Levrat: A Fribourg, c’est 20% des emplois. Sur la production sur des niches des produits à haute valeur ajoutée et libéralisons le reste, cela ne peut pas marcher pour une bonne partie de l’agriculture. On donne 4 milliards par année parce que cela correspond aux attentes des consommateurs. Sur les Etats-Unis, il faut y aller en restant lucide.
Nidegger: A tout prix, non, mais la Suisse doit se développer avec le monde tel qu’il est.
Levrat: si vous faites du commerce qu’avec des anges, vous ne ferez pas beaucoup d’affaires` ! les questions des standards sociaux et environnementaux et surtout la mise en place de ces standards. Car on a fait des progrès dans les standards, mais la mise en œuvre est critiquée. On souhaiterait que la Suisse soit plus active dans ces comités mixtes.

Ignazio Cassis, conseiller fédéral, chef du DFAE

Bonjour tout le monde, c’est un plaisir de revenir ici, je suis venu à Champéry sur des questions de santé. Quand on me présente d’être un grand spécialiste. Un bon généraliste s’occupe de l’être humain. Le 7 décembre 2018 et le 7 juin 2019, deux séances. Nous parlons d’un accord, un contrat pour développer l’accès au marché intérieur de l’UE. On est prédestiné à vivre ici. Après les Etats-Unis et la Chine, nous sommes le troisième marché de l’UE. Un milliard de francs par jour pour un marché de 500 millions d’habitants. Un milliard de francs par année avec l’Indonésie.

Il faudrait des dizaines d’année pour développer le même niveau d’échange. L’encadrement porte sur l’accès aux marchés. Une actualisation dynamique – nous devons transposer dans nos lois chaque modification du droit de l’UE, avec une application uniforme pour éviter de fausser la concurrence. Règle des huit jours : soit on trouvait une solution, soit le problème restait ouvert. Donc nous voulions introduire une justiciabilité pour créer une stabilité juridique, une meilleure prévisibilité, de la protection contre les discriminations, une concurrence loyale.


Dans les mécanismes institutionnels, la question du règlement des différends, celle de la surveillance et de l’interprétation du droit. Voici donc le cadre tel qu’il est posé. Dans le pipeline, nous avons un accord sur le marché de l’électricité pour entrer dans un réseau continental. On pourrait en rajouter d’autres, on déciderait de cas en cas.

Dans l’accord, il y a des exceptions, transport routier – pas de transports d’animaux vivants. Interdiction des 40 tonnes, etc.
Ce qui changerait? Le droit de participer à l’élaboration du droit de l’UE. En cas de reprise, 2-3 ans. La possibilité de ne pas reprendre avec un processus de rééquilibrage.

Ce qui s’est passé: après 4,5 ans, un texte : et une ouverture à la consultation au sens large. Les points principaux et les points contestés: salaire, citoyenneté européenne, aides d’Etat, règlement des différends, reprise dynamique du droit, clause de dénonciation.

Aide d’Etat comprend aussi une discrimination fiscale. Il y a eu des pressions politiques, les syndicats, votre association, des partenaires sociaux qui sont très attentifs à cela.

Voici la lettre que nous avons envoyée et les tweets de l’UE, avec la lettre de Juncker. Mais en douze jours on n’arriverait pas à répondre. On veut trouver une piste mais il faut être deux. La question boursière en fait partie. Sur la protection des salaires. L’Europe demande une directive actualisée sur les détachés, mais ce n’est pas une nouveauté. Les contrôles seraient faits par les partenaires sociaux et non par l’Etat comme le voulait l’UE.

Sur les aides d’Etat, dans les bilatérales 0. Si cette règle s’appliquait, beaucoup de domaines seraient concernés. Il faudrait négocier.

Sur la libre-circulation, il y a un différend depuis 2005, nous ne l’avons pas reprise. C’est pourquoi des négociations n’ont pas abouti. Donc on n’en parle pas. Et donc ce n’est pas dans l’accord. Mais comme l’accord définit des mécanismes.

On estime qu’il faut faire des pas en avant, de négocier, d’aller au Parlement et ensuite ce sera au peuple de décider.

Si on ne fait rien, on peut espérer que rien ne se passe. On irait vers une lente érosion des bilatérales. On va avoir des obstacles au commerce qui vont se développer.

Mardi, 25 juin 2019

8h30: Jean-François Rime, président de l’usam et conseiller nationalQuestion sur l’accord-cadre Suisse EuropeJe ne crois pas que cet accord a été fait pour l’économie. C’est un diktat. Certains ne l’avaient même pas lu – je pense à Swissmem. A l’usam, nous avons donné notre position. Il y a des points sur lesquels nous ne sommes pas d’accord. Sur les indemnisations des travailleurs frontaliers, c’est une bombe à retardement. Ne pas avoir d’accord pose problème à moyen terme. Avoir un mauvais accord pose de gros problème à long terme. Le Brexit aura lieu. Le remplacement de Juncker fin octobre n’est pas certain. Je ne défends pas toujours la ligne de l’UDC. Certains me regardent avec des yeux étonnés parfois. Je ne ferai pas campagne sur ce dossier.

Question sur le congé paternité

Il y a une certaine ouverture pour le congé paternité. L’économie a besoin de femmes. Il faut trouver des solutions. Question sur les retraites des femmes. Pour l’instant ce sujet n’est pas abordé.

Etat d’urgence climatique

Dans les années 1980, on parlait de la mort des forêts. Actuellement, elles sont sous-exploitées, elles poussent bien à cause du CO2. Il faut en parler à Madame Merckel qui veut produire de l’électricité avec du charbon. Arrêtons de faire des théories. Ce n’est pas en taxant qu’on règle les problèmes. Si on avait un été pluvieux et froid et qu’on ne parle que de l’accord cadre, pour l’UDC ce ne serait pas mauvais… (rires). Peut-être qu’après les élections, ceux qui ne sont pas réélus en parleront moins… Sur les taxes sur les billets d’avions : une telle taxe devrait être lancée de manière généralisée et cela avantagera les compagnies aériennes asiatiques qui ne l’introduiraient pas…

Leila Schwab, Schwab System SA
Le plus grand risque : la faillite. Le facteur : la prise de décision. Je suis la 4e génération dans la construction bois. J’ai fait un doctorat pour mesurer le risque de faillite. La première partie représente les opérations courantes des PME. La deuxième concerne la prise de décision. Levez-vous et faites un tour sur vous-même ! (Certains ont fait 12 tours en 10 secondes). Cela représente dix journées de croissance pour garder le rythme. Il faut entre 7 et 16 décisions. Et c’est ce qui passe, on doit prendre tellement de décision qu’on attrape le tournis. Mon but est d’aider les managers. Le risque de faillite est à 79%. On peut le réduire à 31%. Quand les PME en croissance font faillite, c’est par manque de liquidité. Il faut donc agir sur la limite de crédit.

Catherine Frioud Auchlin, Auchlin SA
A la Neuveville, notre entreprise dans le polissage horloger doit gérer ses déchets, sur le traitement des métaux, nous sommes à la 5e génération de centrale d’épuration. A l’origine, nous n’avions pas conscience de cette dimension. Actuellement, nous n’avons plus aucun résidu, l’eau est 100% pure. Nous sommes 15. Nous avons construit un nouveau bâtiment et posé des panneaux solaires, 118 panneaux, soit 80000 francs. Sur la consommation électrique. 40% est réinjecté, soit 6% de notre facture, environ 4000 francs. Ce n’est pas négligeable. On pourrait produire 350 millions de kw si toutes les PME de notre taille nous imitaient. C’est surtout une prise de conscience. Nous avons trois-quarts de femmes dans notre entreprise. Nous ne sommes pas certifiés sur rien du tout, c’est une petite lutte personnelle.

Marc Ehrlich, VIPA Group/Retripa
Un maître en écologie circulaire ? cette statue de bronze de l’époque romaine. Depuis 2000 ans, elles ont été recyclées en arme ou en objets. Donc le recyclage se fait depuis toujours. Les pierres, le bois, les déjections humaines. Nous faisons 100% de nos affaires avec des objets dont 100% des gens veulent se débarrasser. Nous travaillons sur six cantons, est-ce plus compliqué que sur six continents. La déchetterie est devenue la « place-to-be » du village. Mais la Suisse est un îlot dans le monde. Le plastic des océans vient d’une dizaine de fleuves, ils sont tous situés en Asie et en Afrique. Il faut introduire la notion de crimes contre l’environnement.

Darius Golchan, acau architecture SA
Deux projets. On nous a demandé d’assembler des containers. Nous avons sensibilisé le maître d’œuvre aux questions environnementales. Pour loger 370 familles de migrants pour dix ans. Deux bâtiments de soixante mètres de long. Le recyclage s’est imposé. En utilisant non le béton mais la filière locale de bois, et du chêne de Genève. Jusqu’ici, ce bois partait en centrale de chauffe. Les fondations sont en bois, car le béton ne se réutilise pas. La forme du bâtiment peut elle-même se recycler. Le tout est en voie d’achèvement. Le deuxième projet en cours de développement. C’est une commande avec une vision écologique à laquelle nous répondons. Avec des bâtiments en bois de neuf étage. Les premiers locataires arriveront dans trois ans.

Axelle Marchon, Enoki Sàrl
Notre bureau interdisciplinaire est né d’une vision commune : villes durables, agréables à vivre et circulaire. Les espaces urbains consomment 75% des ressources. Nous visons à créer la pièce manquante dans les villes en transition. Par une construction modulaire, déplaçable et écologique. Chaque quartier choisit : coworking, jardin, etc. basé sur la mutualisation des espaces. Nous donnons du conseil pour des stratégies durables avec une vision globale.

Jacqueline de Quattro, conseillère d’Etat, cheffe du DTE VD

En politique, nous rencontrons même des obstacles en proposant de nouvelles énergies. Quant à la mise en œuvre, bonjour les dégâts. L’éolien oui, mais pas chez moi ! Les panneaux solaires, pas sur le toit des voisins. Les décisions politiques prennent du temps. Mais je travaille beaucoup avec les associations, comme sur l’aménagement du territoire. Il faut avoir une ligne et être conséquent. Chaque changement nous apporte des défis qui nous font aller plus loin.

L’environnement et la durabilité en font partie. Nous avons besoin de contact avec vous les PME. La Suisse romande est un moteur économique. Pour ce changement, nous disposons du bâton et de la carotte. Vous avez besoin de meilleures conditions-cadres pour aller de l’avant. Notre loi sur l’énergie est pionnière. Si vous construisez une maison dans le canton de Vaud, il faut au minimum 20% d’énergies renouvelables. Et les gens vont plus loin, car c’est un investissement qui rapport sur le long terme. 46% de l’énergie perdue est due aux bâtiments mal isolés. C’est là qu’intervient la carotte. Les PME peuvent recevoir 4000 francs pour entrer dans une démarche environnementale. Nous avons un programme de 100 millions de francs pour soutenir des projets. Avec Romande énergie et Leclanché, actif dans les batteries pour stocker les énergies intermittentes. Une difficulté, une opportunité !

Nous avons déjà une touche verte de bon sens. Je soutiens l’implantation d’une éolienne dans mon village. Pas besoin d’un nouvel arsenal législatif pour cela.

Borloz, sur une vague verte : Le National fonctionne comme un gros paquebot. Je ne suis pas certain que les manifestations aient changé les choses. J’étais dans un gymnase. Vous demandez aux politiques ce qu’ils ne peuvent pas faire. Mais dans les exécutifs cantonaux et communaux, c’est plus facile d’agir qu’au niveau parlementaire. Avant les taxes, on doit prendre conscience du problème et expliquer, voir si cela change, puis inciter. Puis les interdire. Puis il faudra taxer. Ou bien on admet que les océans seront couverts de plastic.

Berdoz, sur ce que ne font pas les politiques. Je suis attentivement ce débat. Nous les patrons, avons des possibilités extraordinaires d’inciter les entreprises, il y a beaucoup de possibilités. Il faut produire de l’énergie sur place et la consommer. Ne pas jeter de l’eau chaude au lac. Aujourd’hui, le prix de l’électron c’est 5 centimes, le transport est coûteux. Si on produit et consomme sur place, cela coûte beaucoup moins cher. La politique il faut la prendre comme elle est. Chapeau à cette dame qui a mis du photovoltaïque sur son toit.

Cramer, sur les tracasseries administratives. Au niveau des réglementations cantonales et communales. C’est plutôt une question d’état d’esprit. Les bonnes collaborations existent. On trouve ceux qui estiment qu’ils ont été entravés. Comme ceux qui veulent poser du photovoltaïque dans une zone 4B. Cela dépend de la qualité de vos interlocuteurs. Plutôt que la politique, je vois plutôt la bureaucratie. On part de l’image de la Suisse pionnière. Aujourd’hui, les pays de l’UE vont beaucoup plus loin dans le développement des nouvelles énergies, la Suisse prend la Grèce, la France etc. On est les derniers de la classe. On ne se donne pas les moyens, ni les objectifs.

Interventions / Présentations à télécharger

Lundi, 24 juin 2019

  • Évolution des relations Suisse-UE
    Ignazio Cassis, conseiller fédéral, chef du DFAE (Powerpoint / PDF)

Mardi, 25 juin 2019

Environnement : ce que font nos PME !

  • Martha Liley et Massimiliano Capezzali, HEIG-VD (Powerpoint / PDF)
  • Axelle Marchon, Enoki Sàrl (Powerpoint / PDF)
  • Marc Ehrlich, VIPA Group/Retripa (Powerpoint / PDF)
  • Darius Golchan, acau architecture SA (PDF)

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