Une Suisse hostile à la formation professionnelle ? Non merci, professeur Sarasin !
13 octobre 2011
Communiqué de presse
Alors que la Suisse vient de se classer 3e au dernier Mondial des métiers organisé à Londres et qu’elle reste numéro 1 au niveau européen, les déclarations du professeur Philipp Sarasin sonnent comme une gifle pour plus de 60% de la population active. Dans l’édition en ligne du Tagesanzeiger du 11 octobre 2011, le professeur Sarasin demande en effet que l’on encourage massivement la formation gymnasiale et universitaire et affiche un mépris élitiste face à la formation professionnelle, affirmant que «la grande majorité des jeunes, qui entament leur formation et leur activité professionnelle pour une part bien avant leur vingtième année, paient souvent le prix d’une formation rudimentaire».
Avant de miser sur une forte augmentation des diplômes universitaires, professeur Sarasin, il serait bon de vous poser notamment les questions suivantes:
- qui intervient chez vous en cas de panne d’électricité ?
- qui pose le carrelage dans votre salle-de-bain ?
- qui répare votre voiture ?
- qui s’occupe de votre jardin ?
- qui vous sert dans un grand restaurant ?
Dans tous ces domaines travaillent des personnes au bénéfice d’une formation professionnelle et même, en l’occurrence, des champions du monde ! Des pays comme la Finlande ou la Grande-Bretagne, qui possèdent un taux élevé de diplômés universitaires, ont admis ne pas pouvoir avancer sans professionnels bien formés. Ce n’est pas un hasard si le Premier ministre David Cameron a fait savoir, durant les concours, qu’à partir de 2012 les taxes d’études passeraient à 9000 livres par semestre dans le but d’opérer une sélection. Nous qui défendons un système respectant l’égalité des chances pouvons certes trouver la méthode peu loyale ; elle montre toutefois que le gouvernement britannique n’est plus disposé à nourrir des universitaires au chômage, mais tient de plus en plus compte du marché du travail, qui depuis longtemps réclame une main-d’œuvre et des professionnels qualifiés.
Pour l’Union suisse des arts et métiers usam, il est clair que l’on ne doit pas jouer les intérêts d’un système contre ceux de l’autre. Si l’on considère néanmoins le financement, la disproportion entre les écoles subventionnées et la formation professionnelle, soutenue uniquement par de belles paroles, est telle que même la classe politique a maintenant compris qu’il fallait agir. Le choix professionnel doit s’effectuer en fonction des aptitudes et prédispositions et se préparer suffisamment tôt. Chacun sait que la voie gymnasiale peut se révéler une voie sans issue, mais personne jusqu’ici n’a encore osé le reconnaître ouvertement. Que se passe-t-il lorsqu’un élève de 6e année entre dans une classe prégymnasiale, puis gymnasiale qu’il suit péniblement pour finalement échouer une année avant le baccalauréat ? Marqué du sceau du perdant, il a devant lui un avenir difficile et incertain. Est-ce vrai-ment un choix plus judicieux que d’entamer à l’âge de 15 ans une formation professionnelle de trois ans, au terme desquels il sera une main-d’œuvre recherchée sur le marché du travail ?
Comparés à d’autres pays, nous avons l’immense privilège de posséder un système de formation professionnelle complet offrant dans tous les domaines de nombreuses possibilités d’avancement et de développement. La perméabilité existe véritablement et vouloir jouer une voie contre l’autre est non seulement tout à fait déplacé, mais risque encore et surtout de compromettre gravement notre système de formation professionnelle.
Renseignements complémentaires
Hans-Ulrich Bigler, directeur, tél. 031 380 14 20, mobile 079 285 47 09
Christine Davatz, vice-directrice, tél.031 380 14 23, mobile 079 409 47 74
Télécharger le communiqué de presse (fichier pdf)
Numéro 1 des PME suisses: organisation faîtière des petites et moyennes entreprises, l’usam représente 280 associations et quelque 300 000 PME







