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44es Journées romandes des arts et métiers Champéry 27 et 28 juin 2011


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Programme 2011 "PME et concurrence"

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Nouvelles de Champéry

Journée du lundi 27 juin

Dino Venezia : « Les PME sont confrontées quotidiennement à la concurrence »

Le vice-président de l’Union suisse des arts et métiers usam Dino Venezia a ouvert la 44e édition des Journées romandes des arts et métiers, placée cette année sous le thème de la concurrence. « Ces journées sont pour nous l’occasion de témoigner de notre force et de notre solidarité », a-t-il déclaré devant la centaine de participants réunis les 27 et 28 juin à Champéry. Après avoir répété les exigences de l’usam en matière de libre circulation des personnes ainsi que de politique énergétique – deux thématiques importantes en vue des prochaines élections – Dino Venezia a présenté le contenu de ces deux journées. « Les PME sont confrontées quotidiennement aux multiples facettes de la concurrence. Ce n’est donc pas un hasard si notre choix s’est porté sur ce thème », a-t-il indiqué.

« Les PME sont confrontées quotidiennement aux multiples facettes de la concurrence », a déclaré le vice-président de l’usam Dino Venezia.

 

Se référant à la stratégie 2010-2014 de l’usam, le vice-président a évoqué la position de l’organisation faîtière en matière de concurrence : « La concurrence est une condition nécessaire au développement d’une économie novatrice et à une croissance économique saine. Toutefois la position particulière des PME doit être prise en compte. »  Dino Venezia a également tenu à rappeler la volonté de l’usam que la Commission de la concurrence ne devienne pas un organe professoral. « La Comco, où siège actuellement un représentant de l’usam, doit réunir des personnalités proches de la pratique et favorables à l’économie de marché. » Un aspect qui pourra être discuté en marge de l’exposé du président de la Comco Vincent Martenet, programmé le mardi 28 juin dans le cadre de ces journées.


Formation : recherche d’un équilibre en phase avec les besoins de l’économie

Y a-t-il concurrence ou complémentarité entre formation professionnelle et formation académique ? Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’Union suisse des arts et métiers usam et le professeur Stefan C. Wolter, directeur du Centre suisse de coordination pour la recherche en éducation, ont tenté de répondre cette question. Leur constat est le suivant : notre système de formation est performant et équilibré. Il permet à la Suisse de jouir d’une excellente renommée internationale, et surtout, d’un taux de chômage des jeunes le plus bas du monde ! Toutefois, il faudra faire en sorte de maintenir cette complémentarité dans les prochaines années.

En effet, l’évolution démographique à la baisse inquiète les deux conférenciers, qui ne sont pas prêts à sacrifier la qualité de notre formation. « Nous n’avons pas le droit de remettre en jeu notre système de formation en nivelant le niveau scolaire par le bas », estime Hans-Ulrich Bigler. Le directeur de l’usam préconise donc que le taux de maturités gymnasiales soit limité au taux actuel, c’est-à-dire à 24% environ. Le pourcentage restant doit être consacré à la formation professionnelle, avec à la clé de nombreux efforts à fournir pour revaloriser la maturité professionnelle.

Hans-Ulrich Bigler souhaite que le niveau actuel de formation soit maintenu, qu’il s’agisse des études gymnasiales ou de la formation professionnelle.

Pour Stefan C. Wolter,  devoir rester attrayante pour continuer à attirer des talents représente un défi pour la formation professionnelle. « La baisse démographique renforce la concurrence entre les filières de formation » estime l’auteur du premier rapport national sur l’éducation publié en février 2010. Stefan C. Wolter l’a démontré avec plusieurs graphiques : la formation professionnelle ouvre des perspectives de carrière aussi intéressantes que des études en hautes écoles et est en adéquation avec le marché du travail. Pour Hans-Ulrich Bigler, il est clair que les besoins de l’économie doivent être pris en considération, quelle que soit la filière.  « Il faut enfin prendre conscience que les voies de formation « gymnase » et « apprentissage » sont équivalentes. L’enjeu n’est pas une question de prestige, mais bien de mise en valeur des aptitudes et des capacités de chacun », a conclu Hans-Ulrich Bigler.

Stefan C. Wolter perçoit la baisse démographique comme un facteur renforçant la concurrence entre les filières de formation.


Claude-Alain Margelisch : « La crise a encore avivé la concurrence entre les places financières »

« Voilà 17 ans que je travaille pour l’Association suisse des banquiers (ASB), mais jamais je n’ai dû traiter simultanément autant de dossiers avec des enjeux aussi importants pour l’avenir », a confié Claude-Alain Margelisch lors de son exposé sur les défis actuels de la place financière suisse : nouvelles réglementations en Suisse et à l’étranger, restrictions de l’accès aux marchés, pressions exercées sur le secret bancaire, force du franc suisse, vive concurrence sur le marché hypothécaire… Autant de situations nouvelles survenues suite notamment à la crise financière et aux conflits fiscaux. Afin de maintenir la place financière suisse, l’ASB a donc élaboré une nouvelle stratégie, composée de quatre piliers: conformité fiscale ; régularisation des avoirs déposés en Suisse non conformes fiscalement ; protection de la sphère privée et amélioration de l’accès au marché.

« La Suisse doit s’armer pour l’avenir mais ne doit pas céder aux pressions européennes », a insisté Claude-Alain Margelisch, président du Comité exécutif de l’Association suisse des banquiers (ASB).

Le président du Comité exécutif de l’ASB estime qu’il faudra négocier fermement pour trouver des solutions à ces quatre points. « La Suisse doit s’armer pour l’avenir mais ne doit pas céder aux pressions européennes », a insisté Claude-Alain Margelisch. « Car la crise a encore avivé la concurrence entre les places financières », observe-t-il. L’ASB a reconnu la nécessité de prendre des mesures à l’encontre des banques présentant des risques systémiques. Elle soutient le rapport d’experts malgré son aspect très restrictif, mais attend l’établissement d'une clause qui permettrait de revoir la réglementation actuelle en fonction de l’évolution de la situation internationale.

La force du franc fort, tout comme la concurrence sur le marché hypothécaire, constituent également deux préoccupations importantes de l’association faîtière. Claude-Alain Margelisch a finalement relevé l’avantage de notre réglementation en matière de blocage des avoirs, notamment dans les événements récents survenus en Tunisie, en Egypte et en Libye. « La Suisse a été le premier pays à prendre des mesures à l’encontre de personnes exposées politiquement. Si nous devons maintenir ce cap, nous estimons que les critères pour bloquer des avoirs de potentats doivent être approfondis. » 


Philippe D. Monnier : la qualité mieux que la quantité

Depuis 2010, date de la création du Greater Geneva Berne area (GGBa), 54 nouvelles sociétés étrangères se sont implantées en Suisse occidentale, créant ainsi 331 emplois. Elles viennent pour la plupart d’Europe, mais aussi des Etats-Unis ou encore des pays du BRIC. Si elles ont opté pour la Suisse romande, c’est en grande partie grâce au Greater Geneva Berne area. Chargé de la promotion des cantons romands comme lieu d’implantation pour les entreprises de l’étranger, le GGBa travaille avec seize représentants dans sept pays (Etats-Unis, France, Allemagne, Italie, Russie, Inde et Chine). Son directeur, Philippe D. Monnier était présent à Champéry pour présenter les activités du GGBa. « Notre activité se décline en trois parties : la promotion à l’étranger de notre place économique, la veille et l’analyse des marchés potentiels et la prospection d’entreprises susceptibles d’être intéressées par notre région et d’y trouver des avantages », a-t-il expliqué.

Mais quels sont les facteurs qui jouent en faveur de la Suisse ? Philippe Monnier mentionne les aspects « génériques » comme notre stabilité politique, notre situation centrale en Europe, notre position de leader de l’innovation, notre main-d’œuvre qualifiée ou encore, notre environnement international et multilingue. Mais parfois, il suffit de peu de choses pour que l’entreprise en question opte pour une autre région, voire un autre pays: un aéroport mieux desservi, une ville qui plaît plus à la femme du patron, une affaire de visas…

« L’année dernière, 54 nouvelles sociétés étrangères se sont implantées en Suisse romande grâce à l’activité de recrutement du Greater Geneva Berne area GGBa », a indiqué son directeur Philippe Monnier.

Mais le nombre d’entreprises gagnées importe peu finalement. Philippe Monnier privilégie la qualité à la quantité. « Le GGBa présente la Suisse romande dans son ensemble aux entreprises susceptibles d’être intéressées par une implantation. C’est aux cantons ensuite de présenter leurs arguments pour attirer l’entreprise sur leur territoire s’ils le désirent », indique le directeur.  Dans cette phase finale, les cantons sont en compétition entre eux. « Cela n’empêche toutefois pas une collaboration entre les cantons », précise Philippe Monnier. Ceci dit, le choix final revient toujours aux investisseurs. L’année dernière, sur les 54 nouvelles sociétés implantées, ce sont les cantons de Vaud (20), de Genève (13) et du Valais (10) qui en ont le plus profité.


Débat. Cantons romands : l’union, un moyen de renforcer notre tissu économique

La présentation de Philippe Monnier sur l’activité du Greater Geneva Bern area (GGBa) constituait un bon point départ pour débuter le débat entre les conseillers d’Etat Jean-Michel Cina (VS/PDC) et Jean-Claude Mermoud (VD/UDC). L’union des cantons romands fait-elle leur force ? Telle était la question posée aux deux politiciens par l’animatrice du débat Magalie Goumaz, journaliste au « Matin Dimanche ».  Malgré les quelques rivalités qui peuvent parfois opposer les deux cantons, les deux conseillers d’Etat sont d’accord d’affirmer que le renouvellement du tissu économique suisse, particulièrement suisse romand, importe avant tout. « Nous nous réjouissons tout d’abord si une entreprise choisit de s’implanter en Suisse occidentale. Et c’est d’autant mieux si c’est dans notre canton », relève Jean-Claude Mermoud. Pour Jean-Michel Cina, ce qui compte avant tout c’est une saine concurrence entre les cantons : « La règle numéro un est d’éviter de faire de la surenchère entre les cantons lorsqu’une entreprise désire s’implanter dans la région. »  Les deux homologues voient dans cette promotion économique commune un moyen de contrebalancer le pôle de Bâle et Zurich.

Lors d’un débat animé par la journaliste Magalie Goumaz, les conseillers d’Etat Jean-Michel Cina (à g.) et Jean-Claude Mermoud ont affirmé que le renouvellement du tissu économique romand doit primer sur la rivalité cantonale.

« Le fait de travailler ensemble nous permet de dépasser l’approche trop territoriale et de réfléchir en termes d’accessibilité, surtout en ce qui concerne les cantons de Fribourg, du Jura ou du Valais », relève Jean-Michel Cina. L’aspect de la mobilité concerne en revanche moins le canton de Vaud, qui connaît par ailleurs un franc succès en termes d’implantation. Enfant peut-être trop gâté et victime de sa réussite, le canton de Vaud n’est pas prêt à modifier sa fiscalité en faveur de certaines entreprises. Le canton du Valais perçoit quant à lui le volet fiscal comme un critère parmi d’autres, mais qui mérite toutefois une attention particulière pour se situer au plus près des besoins de ses clients. Des clients précieux, puisqu’ils contribuent au renforcement de la Suisse occidentale comme pôle économique attractif.


Luc Fellay : «  Ayons des visions pour l’avenir »

Sport, charme et authenticité. Voilà les termes utilisés par Luc Fellay pour décrire sa commune lors de l’allocution de clôture de cette première journée. « Champéry a la particularité d’être à la fois une commune, un village et une station. Doté d’un des plus grands domaines skiables de Suisse, Champéry a pourtant longtemps misé sur l’attrait de la saison estivale. Depuis que la tendance s’est inversée, la commune cherche sans arrêt à développer son offre d’été, que ce soit par le développement de sentiers pédestres ou VTT, ou en accueillant des manifestations comme Maxi-Rires ou les Rencontres musicales. Champéry est une commune ambitieuse avec des visions d’avenir : « Nous allons créer une société anonyme qui inclut tous les acteurs du tourisme », informe Luc Fellay. Un moyen de rassembler les forces et d’agir de manière plus ciblée. « Car ce n’est pas l’offre le problème principal, mais le marketing », remarque le président. Un aspect que la commune compte bien développer au cours de ces prochaines années. 

Le président de la commune de Champéry Luc Fellay a communiqué son intention de développer le marketing de la station.

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Journée du mardi 28 juin

Bruno Zuppiger : un engagement quotidien pour une politique PME efficace

Le conseiller national Bruno Zuppiger a ouvert la deuxième journée de la manifestation romande des arts et métiers. Elu il y a un peu plus d’un an à la présidence de l’usam, Bruno Zuppiger est revenu sur les dossiers qui ont particulièrement occupé l’usam au cours de ces derniers mois. Les coûts de la réglementation figurent en tête de liste : « L’allègement des PME est l’une de mes priorités principales», a déclaré le président. En réponse aux postulats Zuppiger et Fournier, le SECO examine actuellement cinq domaines prioritaires, à savoir : le droit de la construction, le droit de l’environnement, les statistique, la formation professionnelle et les procédures douanières. « Cette démarche vise à identifier les réglementations les plus coûteuses, puis à réduire les charges qui grèvent les entreprises », a expliqué le président.

Le président de l’usam Bruno Zuppiger a répété l’intention de l’organisation faîtière de renforcer la présence de représentants des PME au Parlement en vue des élections fédérales de 2011.

Les élections fédérales représentent naturellement une autre thématique aux enjeux importants pour l’organisation faîtière : « L’usam veut faire en sorte que de nombreux représentants des PME accèdent au Parlement », a insisté Bruno Zuppiger. A ce titre, le recours aux outils de communication de l’usam prend tout son sens. « L’année dernière, les deux publications de l’usam – le Journal des arts et métiers et la Schweizerische Gewerbezeitung – ont été renforcées puisque nous avons augmenté notre tirage et changé de maquette », a indiqué le président. Un moyen de défendre avec encore plus d’acuité et d’efficacité les intérêts et les exigences des PME face au monde politique, aux autorités et au public.


Nicolas Rufener : « Les entreprises suisses passent avant la France »

La construction est également soumise aux effets parfois pervers de la concurrence. Nicolas Rufener, secrétaire général de la Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB), a présenté la situation dans le canton de Genève. La baisse du nombre de travailleurs et des prix sont des facteurs auxquels la branche n’échappe pas. « Les entreprises voient leurs marges diminuer et peuvent par conséquent prévoir leurs mandats que sur le court terme », relève Nicolas Rufener. Dans ces conditions, il est clair que la compétitivité des entreprises est mise à rude épreuve.

« Les entreprises européennes ont plus de peine à être compétitives face aux prestataires locaux », estime Nicolas Rufener, secrétaire général de la Fédération genevoise des métiers du bâtiment.

Toutefois, même si Genève est confrontée à une forte concurrence étrangère, Nicolas Rufener indique que les entreprises suisses passent finalement souvent avant les entreprises étrangères, et la France notamment. « L’exemple du CEVA (liaison ferroviaire Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse) n’est donc pas représentatif. Nous observons que les entreprises étrangères parviennent finalement assez rarement à s’imposer. La qualité de la prestation finit toujours par l’emporter », soutient Nicolas Rufener. En revanche, le secrétaire général n’exclut pas une certaine concurrence entre les cantons. A l’heure actuelle, environ un quart des mandats est attribué à des entreprises hors du canton. L’offre étant dispersée, Nicolas Rufener constate qu’actuellement, c’est la demande qui domine le marché. Il souhaite par conséquent que cet aspect soit également pris en considération par les autorités de la concurrence.


Serge Gaillard : la croissance dépend étroitement de l’immigration

A l’heure de l’extension de la libre circulation des personnes, il est justifié de se demander si l’afflux de travailleurs étrangers constitue une concurrence déloyale ou une main-d’œuvre bienvenue pour les PME. Serge Gaillard, chef de la Direction du travail au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), représentait la personne idéale pour en parler. « L’immigration et le processus de forte croissance ont permis à la Suisse de très peu ressentir la crise économique et financière », a-t-il rappelé. Mais cela n’empêche pas que les premiers signes de ralentissements sont visibles, allant de pair avec la force du franc suisse. Le SECO observe également une croissance déséquilibrée de l’emploi mais ne l’interprète pas de façon alarmiste. Au contraire, les prévisions sont même optimistes. 

« Nous pouvons prouver que la libre circulation des personnes n’a pas d’incidence directe sur le taux de chômage », a indiqué Serge Gaillard, chef de la Direction du travail au SECO. 

Toutefois, comment faut-il envisager les effets de l’extension de la libre circulation des personnes, maintenant qu’elle s’applique à quinze pays membres de l’UE ? « L’immigration a fortement baissé suite à la récession économique et nous ne nous attendons pas à un afflux fort de ressortissants de ces nouveaux pays dans un premier temps », indique Serge Gaillard. Le chef de la Direction du travail du SECO rend attentif à un besoin de l’immigration pour obtenir la croissance. Il perçoit à ce titre la force du franc fort comme un obstacle potentiel à prendre sérieusement en considération. « L’immigration agit en complémentarité sur le marché du travail. Nous pouvons également prouver qu’elle n’a pas de lien direct avec le chômage », argumente Serge Gaillard.

Malgré ces aspects positifs, Serge Gaillard est conscient que la libre circulation présente aussi certains effets indésirables. Les mesures d’accompagnement sont là pour les combler. « L’application stricte des mesures d’accompagnement est fondamentale pour maîtriser les risques de sous-enchère sociale et salariale, garantir les mêmes conditions de concurrence pour les prestataires de services indigènes et étrangers et encourager un accueil favorable à la libre circulation par la population ». Pour ce faire, Serge Gaillard plaide pour la poursuite des activités de contrôle dans toutes les branches et dans toute la Suisse. Il n’empêche que certaines lacunes existent. Serge Gaillard ne les renie pas. « Le problème des faux indépendants soulevé par l’usam doit être effectivement pris au sérieux et leur statut pouvoir être prouvé sur-le-champ », admet-il.


Vincent Martenet : « Je ne viens pas en ennemi, mais en allié »

Vincent Martenet a amorcé d'entrée sa présentation intitulée « les PME dans le viseur de la Commission de la concurrence ? » en relevant son titre « provocateur ». En effet, le président de la Commission de la concurrence (Comco) s'est efforcé de démontrer tout au long de son exposé que, dans la majorité des cas, « la Comco était une alliée des PME ».

Ainsi, il a commencé par effectuer un rapide passage en revue des différents instruments aux mains de la commission. Ainsi, Vincent Martenet a affirmé rester attentif à la problématique de la surréglementation pouvant engendrer des distorsions de la concurrence, un thème cher à l'Union suisse des arts et métiers usam. « Dans cette situation, nous utilisons notre instrument de recommandation au Conseil fédéral. Là, nous jouons plutôt un rôle d'allié des PME. Lorsqu'un risque de distorsion est constaté, nous prenons position », a-t-il rajouté.

Vincent Martenet a tenté de démontrer que la Comco ne visait pas spécifiquement les PME, mais cherchait simplement à assurer le bon fonctionnement d'une économie libérale.

Selon Vincent Martenet, « les communications de la Comco peuvent également servir d'aide aux PME afin qu'elles orientent leurs activités, en particulier dans le domaine des contrats de distribution ». Concernant la loi des cartels, le professeur de droit a affirmé ne pas voir les sanctions comme un but en soi, mais plutôt comme un outil offrant un effet préventif. Afin d'illustrer ses dires, il a rappelé que le cartel de l'asphalte au Tessin – responsable d'une augmentation des prix d'environ 20% - était tombé juste avant l'introduction des sanctions.

Au sujet de l'abus de position dominante, les PME « peuvent être concernées à double titre ». Première et rare hypothèse : le cas d'une entreprise de petite ou moyenne taille dominant un marché étroit. Deuxième possibilité : lorsqu'une PME se retrouve victime de grands groupes ayant une emprise trop importante sur le marché. Pas de doutes pour Vincent Martenet : dans les deux cas la Comco agirait afin de remédier à la situation.

En conclusion de sa conférence, Vincent Martenet a renouvelé sa volonté de dialogue avec son audience de chefs d'entreprises: « Je ne viens pas en ennemi, mais en allié. Je suis convaincu que vous prenez ces lois au sérieux. Et surtout, sachez que nous restons toujours ouverts à la discussion ».


Le soutien des politiques aux PME en débat

Encadrés par le journaliste Bernard Wuthrich du Temps, quatre conseillers nationaux ont débattu de leurs intérêts pour les PME. Le public des 44es Journées romandes des arts et métiers a ainsi pu (re)prendre connaissance des positions respectives des conseillers nationaux Jacques Bourgeois (PLR/FR), Guy Parmelin (UDC/VD), Christophe Darbellay (PDC/VS) et Roger Nordmann (PSS/VD).

Jacques Bourgeois s'est premièrement réjoui de l'harmonie entre le PLR et l'usam. Pour le parlementaire libéral-radical, son parti appuie parfaitement les PME, entre autres grâce au lancement de l'initiative « stop à la bureaucratie », visant à réduire les procédures. Il a également tenu à affirmer que le PLR « s'engageait pour la libre circulation des personnes ».

De g. à dr. Jacques Bourgeois (PLR/FR), Christophe Darbellay (PDC/VS), Bernard Wuthrich (journaliste), Roger Nordmann (PSS/VD) et Guy Parmelin (UDC/VD) ont débattu de leurs intérêts pour les PME.

A la question de savoir comment se concrétisait formellement son soutien aux PME, Christophe Darbellay, citait deux éléments principaux de sa politique: le maintien de la voie bilatérale avec l'Union européenne et le renforcement de la formation, en particulier de la filière d'apprentissage. Cette prise de parole constituait également l'occasion de lancer une pique à l'UDC, qui jouerait « comme avec des allumettes dans une grange » dans les discussions autour d'une éventuelle introduction de contingents de travailleurs étrangers.

Les thèmes de l'environnement et de l'énergie ont également été source de discussion. Christophe Darbellay affirme ne pas comprendre la position de l'usam face à la taxe CO2. « Il existe ici un immense potentiel pour les PME, entre l'installation de pompes à chaleur, de nouvelles isolations et la recherche de l'efficacité énergétique », a-t-il affirmé.

Toujours sur la controversée taxe, Jacques Bourgeois aurait voulu voir la totalité de la somme ponctionnée investie dans l'assainissement des bâtiments, ce qui consisterait une manne pour les PME responsables des travaux. Un point de vue partagé par le président du PDC qui estime que « deux ou trois francs de moins par mois sur l'assurance maladie ne changent pas grand-chose », regrettant ainsi l’éparpillement de l'argent prélevé.

Interrogé sur le fait que défendre l'énergie atomique pourrait représenter un frein à l'investissement dans les cleantech, Guy Parmelin a affirmé que son concept fondamental restait la sécurité de l'approvisionnement sans augmentation de prix. « Lorsque nous aurons un plan faisable et chiffré de remplacement de l'atome, j'approuverai, mais pour l'instant avec le renouvelable ce n'est pas le cas », a déclaré le parlementaire UDC. Une position intenable selon Roger Nordmann qui peine à comprendre où se situe la sécurité de l'approvisionnement lorsque « 70% de l'énergie provient de gaz et pétrole importés ».

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Lundi 27 juin 2011


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