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Journées romandes 2014
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47es Journées romandes des arts et métiers
Champéry, 30 juin et 1er juillet 2014

Organisées les 30 juin et 1er juillet 2014 à Champéry, l’édition 2014 des Journées romandes des arts et métiers est placée sous le thème « PME et internationalisation ». D’éminents conférenciers et des discussions qui s’annoncent d’ores et déjà passionnantes permettront d’aborder le sujet sous de multiples facettes.

  • Ouverture : 30 juin 2014 à 14h
  • Clôture : 1er juillet 2014 à 12h
  • Lieu : centre de sports et de congrès Palladium, Champéry (Website / Google Maps)

Programme 2014  « PME et internationalisation »

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Nouvelles

Interventions / Présentations à télécharger

Galerie avec toutes les photos des 47èmes Journées romandes des arts et métiers (site externe du Journal des arts et métiers jam)



Nouvelles de Champéry

Lundi, 30 juin 2014

L’internationalisation des PME et ses nombreux défis

C’est à Jean-René Fournier, vice-président de l’usam et Conseiller aux Etats qu’il appartenait d’accueillir la centaine de participants aux 47èmes Journées romandes des arts et métiers, le rendez-vous qui rassemble chaque année à Champéry les amis de l’Union suisse des arts et métiers et les décideurs romands. Ce dernier les a remerciés pour leur fidélité à cet événement. «Ces journées nous permettent de rappeler la vraie place que nous occupons dans l’économie de ce pays. Nous défendons les patrons des PME qui travaillent durement et ne font pas scandales en touchant des salaires exorbitants», a-t-il lancé à ce public de chefs d’entreprises dans son allocution de bienvenue. Un peu à l’image du paysage politique, la météo là-haut alternait entre de brillantes éclaircies et de petits passages nuageux.

Jean-René Fournier, Vice-président de l'usam et conseiller aux Etats: «Diminuer les obstacles bureaucratiques»

«La densité normative s’accroît et les charges bureaucratiques augmentent, ce qui freine la croissance économique. Le droit fédéral comprend déjà 54000 pages, dont 2000 rien que sur la TVA, a poursuivi le Valaisan. L’allégement bureaucratique est un objectif prioritaire. Nous voulons baisser les impôts et les taxes. Garantir les emplois existants et surtout défendre la croissance.» Le vice-président a également évoqué l’accord de libre-échange, synonyme d’espoir pour de nombreuses entreprises suisses. «L’usam demande des accords de libre-échange avec d’autres pays…L’internationalisation croissante représente-t-elle une contrainte ou une opportunité? Tel est le fil rouge de ces journées.»

Christoph Erb, directeur de PME bernoises et vice-président de SwissSkills: «Venez-voir la vitrine de l'excellence professionnelle!»

Pour rendre honneur à cette «capacité d’émerveillement des enfants» que certains d’entre nous gardent à l’âge adulte, Jean-René Fournier a ensuite cédé la parole à Christoph Erb, directeur de PME bernoises et vice-président de SwissSkills. Ce dernier a présenté une vidéo sur cette manifestation qui se déroulera cet automne du 17 au 21 septembre. «Les SwissSkills 2014 sont une opportunité unique de voir et de soutenir les meilleurs jeunes professionnels en action. Une vitrine aussi de la fierté professionnelle.»


Stéphane Garelli, le professeur à l’IMD et à l’Université de Lausanne, s’est encore montré sous un jour éloquent. Il a rendu hommage au rôle des PME dans les scores que réalise la Suisse en matière de compétitivité. Les très grandes et les micro-structures ne sont pas suffisantes pour creuser l’écart. «Or, en matière d’internationalisation, la Suisse reste parmi les meilleurs, tous les indices le montrent.» Une réussite qui selon lui s’explique tant par la diversification d’une économie qui continue de fabriquer des biens. «Nous avons su garder, tout comme l’Allemagne, notre capacité industrielle.»

Stéphane Garelli, professeur à l'IMD et à l'Université de Lausanne: «Redonner du prestige à ces jeunes qui apprennent un métier.»

Quel est l’avenir pour la Suisse? Premier élément à garder en tête: dans cette nouvelle économie, les usines qui marchent disposent désormais d’un fort degré d’automation. «Les grandes structures qui reviennent de Chine pour s’implanter en Europe ou aux Etats-Unis le montrent.» Stéphane Garelli voit deux domaines dans lesquels la Suisse peut se profiler: l’agriculture et l’architecture. Du côté politique, il estime que 2015 sera l’année de tous les dangers en matière fiscale.

«C’est l’élément-clé, car de plus en plus d’ultimatums sont attendus. Beaucoup de cantons veulent réduire la fiscalité.» Enfin, le professeur a longuement parlé de l’apprentissage. «Chaque fois que l’on nous parle de qualité, on mentionne la Finlande. Toutefois, comment se fait-il que ce pays n’arrive pas à donner du travail à sa nouvelle génération: 90% des gens vont à l’Université, comme en Corée.» On découvre dans ces deux pays ce qu’est la surqualification. En Suisse, en revanche, l’apprentissage est resté crucial. «Il fut un temps, quand quelqu’un avait fini un métier, il s’appelait «maître-boulanger», relève Stéphane Garelli. Nous devons redonner du prestige à ces jeunes. Savoir une science, ce n’est pas savoir un métier.» Il trouve fascinant de voir le nombre d’entreprises qui se sont créées au cours des vingt dernières années. Leurs dirigeants sont toujours à la tête de ces structures et ce sont des partenaires pour nous. Nous devrions nous intéresser à ces mille nouveaux acteurs de l’économie. Et nous passionner pour les nouveaux produits: il y a 2,8 milliards de personnes dans le monde qui ont quitté la pauvreté absolue et qui attendent qu’on leur propose des nouveautés. Ces marchés globaux attirent de plus en plus de jeunes entrepreneurs dans les écoles polytechniques ou ailleurs.



Pour conclure, un mot de Ronald Reagan. «Il y a ceux qui font que les choses se passent, ceux qui laissent les choses se passer, et ceux qui se demandent ce qui s’est passé.» Le professeur Garelli nous demande de tout faire pour ne pas nous retrouver dans la troisième catégorie…


Accord de libre-échange Suisse-Chine

«Les accords de libre-échange (ALE) sont passés avec des pays en dehors de l’UE, explique Christian Etter, ambassadeur, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux (SECO). Le chef négociateur de la délégation suisse ajoute que l’accord avec la Chine est basé sur les règles l’OMC, améliorées et complétées. Il va permettre selon lui de réduire à la fois des obstacles à la frontière et des obstacles au commerce qui résultent de législations différentes. Au fond, pourquoi passer de tels accords? Il est devenu difficile de faire des progrès sur le Cycle de Doha de l’OMC et les accords bilatéraux avec l’UE sont devenus moins sûrs qu’ils ne l’étaient auparavant.

Christian Etter, ambassadeur et chef négociateur de l'équipe Suisse de l'accord de libre-échange avec la Chine: «Il y aura plus de sécurité juridique»

«Ces accords permettent d’éviter les discriminations, obtenir une diversification géographique, surtout sur des marchés de niche et dans les petites séries à haute valeur ajoutée, détaille-t-il. Par exemple, le marché mexicain aurait été perdu sans l’accord de libre-échange qui a été passé.» Autre but: contribuer au développement durable. Dans le cas de la Chine, il y a beaucoup de projets de coopération sur les droits humains et l’environnement, selon l’ambassadeur Etter. Le négociateur en chef de la délégation suisse présente une carte des accords de libre-échange (ALE) existants et à venir. Une bonne demi-douzaine de négociations sont en cours, dont l’Inde, la Russie, l’Indonésie, le Vietnam, la Thaïlande, la Malaisie…

La Chine est un partenaire économique important en matière d’exportations, d’importations et d’investissements directs. Puis, Christian Etter présente également un historique de cet accord de libre-échange, avec les différentes étapes, les neuf tours de négociation, la signature de l’accord, le message du Conseil fédéral, le vote du Parlement. Et son entrée en vigueur le 1er juillet 2014. Il décrit ensuite les grands volets de cet accord: commerce de marchandises, commerce de services, protection de la propriété intellectuelle. Le but est de renforcer la sécurité juridique. Munie de cet ALE, la Suisse sera dans une bonne position, grâce aux économies de droits de douane, de facilitations administratives, d’élimination de discriminations. Il y aura plus de sécurité juridique, dans les procédures douanières, la propriété intellectuelle, les services…


Trois ministres des finances étaient conviés au débat sur la réforme de la fiscalité des entreprises, animé par Esther Coquoz, journaliste correspondante au Palais fédéral pour la RTS, qui a su mener une discussion vivante et informative, faisant remonter les lignes coopération et de fractures entre cantons. Un dossier qui donne quelques cheveux blancs aux trois argentiers, Pascal Broulis (VD), Charles Juillard (JU) et Maurice Tornay (VS). Dans l’actualité, un protocole d’entente entre cantons devait être signé le lendemain (1er juillet 2014) sur une diminution des taux d’imposition concernant les entreprises disposants de statuts spéciaux. Les trois cantons sont touchés différemment, comme le montrent les réponses des trois conseillers d’Etat, tous trois chefs des finances. Pascal Broulis rappelle que ce statut a été inventé côté alémanique. Tous tombent d’accord sur le fait que les réductions fiscales envisagées prétéritent la situation des cantons et qu’il appartient à la Confédération, qui profite depuis plus d’un demi-siècle de cette situation, devrait maintenant faire un effort financier. Vaud est sorti du bois pour faire connaître sa position.

Internationalisation de la politique fiscale: chance ou menace pour les cantons. Débat avec trois argentiers: de gauche à droite, les conseillers d'Etat Maurice Tornay (VS), Pascal Broulis (VD) et le ministre des finances Charles Juillard (JU).

Pour Pascal Broulis, il faut faire vite car dans le contexte actuel et les dernières votations, les entreprises comprises dans ce statut spécial ne se sentent plus sécurisées au niveau suisse. Il donne l’exemple de Medtronic, de Chiquita qui, chacune après une fusion, ont ouvert leur siège en Irlande…. Il n’y a pas de temps à perdre! En Valais, Maurice Tornay veut conserver une Suisse compétitive. La priorité, c’est que les entreprises ne partent pas. Nous avons tous intérêt à nous battre ensemble pour cela. Lui aussi estime que «la Confédération doit participer à ce sacrifice – au moins à hauteur de 50%. Puis, pour le reste, nous devrons discuter entre cantons.» Le Jurassien Charles Julliard n’hésite pas à prendre à parti la classe politique: «Parlementaires, quand vous décidez quelque chose à Berne, essayez aussi de trouver des moyens de financement.» Pour la prochaine révision, les cantons estiment qu’ils ne devront pas être trop gourmands. Ne pas mélanger des sujets comme le droit de timbre…

«La situation avec l’Europe est inconfortable et c’est de la faute aux Américains!»

Pour le secrétaire d’Etat Yves Rossier, ancien conseiller scientifique de Jean-Pascal Delamuraz et ancien conseiller politique de Pascal Couchepin, le tableau actuel des relations entre la Suisse et l’Union européenne peut se comprendre en effectuant un retour dans l’histoire.  C’est en effet lors du Plan Marshall – que les européens se mettent d’accord et créent L’OCDE. «Le processus a continué. Il n’était pas ouvertement politique, détaille Yves Rossier. On utilisait les instruments économiques dans un sens politique. Les divergences étaient des moyens de continuer à construire.» Pour le secrétaire d’Etat, le climat européen ressemble à celui d’un conseil de famille. «On peut sonder ses membres un à un et obtenir des accords. Mais lorsqu’ils sont tous rassemblés et que les portes se referment, la dynamique est différente. » Du point de vue de la Suisse, poursuit-il, nos rapport à l’Europe et à l’étranger sont ambigus. En tout cas depuis Marignan. «Nous avons souvent vu l’engagement à l’extérieur du pays comme portant en germe la division du pays. Et une source d’inquiétude. Ce problème, l’UE connaît bien puisqu’elle a du mal à développer une politique externe. Puis, vers la fin des années 1980, l’idée apparaît de créer une EEE qui puisse servir de salle d’attente aux pays qui souhaite à terme, rejoindre l’Union. «La Suisse n’est pas très chaude. Elle a peur du vide et de ce grand marché. Les pays de l’Est ne sont pas très preneurs non plus, eux qui ont mis si longtemps à se défaire d’une structure dans laquelle ils devaient appliquer les règles que d’autres décidaient.» Et progressivement, les pays qui entrent dans l’union politique quitte l’EEE. Et les autres n’entrent pas. Puis, c’est le chemin des bilatérales, des années difficiles, la voie des accords sectoriels. «Aujourd’hui, la Suisse est très intégrée, avec 1,3 million de franchissement de frontière par jour. Sans oublier les mariages binationaux, les collaborations en matière de recherche.»

Yves Rossier, secrétaire d'Etat du DFAE. «L’Union est là, c’est les Européens qui se décident. Il n’y a pas d’autres solutions.»

«Toutefois, le 9 février a tout changé», réagit Yves Rossier. «Le thème était émotionnel, dans l’UE également, et surtout dans des pays avec lesquels la relation est lointaine. La réaction européenne s’explique aussi par des questions d’agenda politique dans les différents pays. Par exemple, L’Espagne bloquait avec la Catalogne. «Si vous dite à votre épouse – je vais te tromper dans 3 ans. – son attitude va changer tout de suite.» Et maintenant? «Nous allons mettre en œuvre cette initiative. Un projet de loi sera mis en œuvre et mise en consultation cet automne.»

Quid de l’accord de libre-circulation. Il faudra le dénoncer ou modifier. Or le temps est extrêmement réduit, car il doit entrer en vigueur dans trois ans et nous n’avons que six mois pour amener les 28 Etats-membres à adopter une position opposée à la leur. A l’heure du débat, répondant à une question de Jean-François Rime, Yves Rossier estime que la relation avec l’UE est vitale. « L’Union est là, c’est les Européens qui se décident. Il n’y a pas d’autres solutions. On aime ou on n’aime pas, c’est une autre discussion.»

La soirée

Dino Venezia sur la raclette
«La raclette, c’est surtout une tradition ancestrale. Nous grimpons avec la benne de Planachaud, on y est très serrés, car nous montons tous en une seule fois. Puis, nous prenons l’apéritif sur la terrasse du restaurant, la Croix de Culet, puis nous nous installons dans la salle pour la raclette. C’est très sympathique d’avoir des échanges durant cette partie qui est totalement informelle. C’est une coutume réglée comme du papier à musique. Hier, nous avons regardé la deuxième mi-temps du match France Nigéria. Puis nous avons vu Allemagne-Algérie!»

Texte: François Othenin-Girard, Rédacteur en chef Journal des arts et métiers jam

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Mardi, 1er juillet 2014

La deuxième journée s’est ouverte par une allocution du président de l’usam. Jean-François Rime avait choisi de partager quelques réflexions avec les invités des 47e Journées romandes des arts et métiers. «Je vais commencer par quelques sujets d’actualité. Au cours des 12 derniers mois, nous avons d’abord eu ces deux votations sur 1/12 et le salaire minimum. Nous les avons gagnées très largement. Le résultat du vote sur le salaire min C’est une confirmation de l’attachement au partenariat social. Les syndicats se sont trompés et nous passerons à autre chose.



Le président a encore réagi à la présentation donnée la veille par le secrétaire d’Etat du DFAE. «Yves Rossier est dans une situation très difficile. J’ai du mal quand il dit : on doit prendre l’Europe comme elle est et il n’existe pas d’autre solution.» Jean-François Rime estime pour sa part qu’il va falloir revoter. «J’étais à une réunion de l’AELE, ni la Norvège ni l’Islande ne vont adhérer à l’UE.»

En matière de formation professionnelle, le président recommande d’aller jeter un œil à ces joutes professionnelles que sont les SwissSkills. «Comme Année de la formation professionnelle, j’irai faire un discours au Grütli le 1er août.



Autre sujet, la Loi sur la Radio-Télévision. «Nous ne pouvons pas l’accepter. A titre personnel, cela me coûterait 14000 francs environ. Le comité de l’usam a décidé de lancer un référendum et nous aurons trois mois pour récolter les signatures.

S’agissant des infrastructures routières (FORTA), Jean-François Rime rappelle que tout le monde est pour la création d’un fonds. Mais comment le financer? «Les propositions de Madame Leuthard sont  d’augmenter le prix du carburant et cela, nous ne le voulons pas. Les fonds devraient servir à financer les routes et non le trafic d’agglomération, la mobilité douce et les tramways.»

Parmi les autres sujets évoqués, l’AVS, la péréquation financière, la caisse unique, la TVA , le forfaits fiscaux, Ecopop, les successions. Et les élections fédérales en 2015. «Nous allons avoir besoin de candidats pour représenter les entrepreneurs. Nous avons déjà Nicolas Leuba qui est ici.». Enfin, le président a relevé que c’était la dernière fois que Marco Taddei organisait ses journées «Souhaitons-lui bonne chance, même s’il part à la concurrence !»


Dino Venezia, ancien vice-président de l'usam – Hommage par Jean-René Fournier, vice-président de l’usam

Dino Venezia, c’est un jeune homme de 19 ans, futur soldat météo de DCA, qui, sa maturité commerciale en poche, commence sa carrière professionnelle en 1963 en tant qu’aide-réviseur, on ne disait pas encore auditeur à l’époque, à la Société anonyme fiduciaire suisse à Lausanne, aujourd’hui PricewaterhouseCoopers. Là, il s’y passionne tant pour la révision comptable que pour les questions fiscales. En 1966 déjà, il passe avec succès (meilleur romand) son préliminaire d’expert-comptable et l’année suivante, il rejoint la Fiduciaire des arts et métiers SA, à Lausanne. Là, il continue à se perfectionner et souhaite passer son examen final pour devenir expert-comptable diplômé, mais en 1968, les sessions ayant lieu tous les 2 ans, il n’a pas encore le nombre d’années de pratique nécessaires. Deux ans après, en 1970, le règlement ayant changé, il n’a pas l’âge requis. Il doit donc attendre encore 2 ans, qu’il met à profit pour apprendre la programmation informatique, pour devenir enfin en 1972 expert-comptable diplômé bien qu’il lui manquait encore 27 jours pour avoir l’âge de 28 ans révolus requis. L’année suivante, il est nommé directeur de la Fiduciaire des arts et métiers SA, fonction qu’il occupera en collaboration avec Pierre Cevey, jusqu’à que ce dernier entre au Conseil d’Etat vaudois en remplacement de Jean-Pascal Delamuraz élu au Conseil fédéral. C’est donc seul à la tête de la fiduciaire qui occupe 90 personnes que Dino Venezia poursuit sa carrière.



Il croise le fer avec Otto Fischer
Durant cette période, la Chambre fiduciaire crée le nouveau diplôme d’expert fiscal. Dino Venezia se dit qu’il faut absolument que la Fiduciaire des arts et métiers SA ait en son sein un expert fiscal diplômé. Dès lors, pour être sûr qu’il en soit ainsi, c’est lui qui s’y colle et en 1984, lors de la première session d’examen de ce diplôme, il obtient le titre d’expert fiscal diplômé. Avec la poignée d’experts fiscaux romands de cette première volée, il fonde l’Association suisse des experts fiscaux diplômés (l’ASEFiD) puis l’OREF, l’Ordre romand des experts fiscaux diplômés qu’il présidera durant ses 10 premières années. C’est durant les 20 années qu’il a passées à la Fiduciaire des arts et métiers SA, devenue entre-temps la FIDAM Fiduciaire des arts et métiers SA, qu’il se passionne pour les organisations professionnelles, la FIDAM faisant partie de l’UVACIM, la section vaudoise de l’USAM. Cette fonction lui vaut de croiser le fer en 1977, ici même à Champéry, avec Otto Fischer, le directeur de l’USAM de l’époque. Ce dernier luttait contre l’introduction de la TVA en Suisse, alors que Dino Venezia défendait cet impôt plus moderne que l’Icha, impôt qui, il faut bien l’avouer, ne serait guère concevable dans le contexte économique d’aujourd’hui.



Il fonde son propre cabinet
Après ses 20 ans de FIDAM, Dino Venezia quitte cette fiduciaire, va purger sa prohibition de concurrence en qualité de gérant de la succursale lausannoise de la Cornèr Banca, puis fonde en 1990 son propre Cabinet fiduciaire et fiscal qu’il exploite encore aujourd’hui à Lausanne. Cet ancien chef scout ne se contente pas de sa carrière professionnelle. Il s’implique fortement dans les sociétés locales de son village de domicile, la commune de Froideville située à 15 kilomètres au Nord de Lausanne. C’est ainsi qu’on le voit trésorier de la société de tir, dans le Froideville-Sports et à la société de chant où il s’impose comme acteur dans les soirées théâtrales. Ne se contentant pas des activités villageoises, il s’implique fortement dans le football professionnel en qualité de dirigeant. C’est ainsi qu’après un bref passage au LS Club (organisme chargé de gérer la boutique du club, en quelque sorte les vendeurs de gadgets) il accède au Comité directeur du Lausanne-Sports section football en qualité de trésorier. Il assumera cette fonction de 1977 à 1987, année où il entre au Comité de la Ligue nationale de football dont il deviendra vice-président. Il y restera 15 ans durant lesquels il s’occupera de la délivrance des licences, présidera la Chambre de mutations, se verra confier les questions d’arbitrage et représentera la Suisse aux Ligues européennes de football. L’ASF, l’Association suisse de football lui confiera encore la fonction d’accompagnateur de l’équipe suisse des moins de 21 ans, fonction qu’il gardera jusqu’en 2004.



Il accède au législatif à Lauanne
Non content de cela, Dino Venezia se lance dans la politique, d’abord dans son village de Froideville où après un passage au législatif de cette commune, il accède à son exécutif en 1982. Il y assume la fonction de Conseiller municipal des finances, de la police et de l’urbanisme. Réélu en 1985 et 1989, il abandonnera cette fonction en 1990 parce que quittant la commune. On le retrouve donc à Lausanne où il accède au législatif de cette ville de gauche en 1995 en tant que Conseiller communal libéral. A ce titre, réélu en 1997 et 2001, il participe aux travaux de la commission permanente des finances et préside la Commission de recours en matière d’impôt communal et de taxes spéciales. Il démissionnera avant la fin de la législature en décembre 2005 car il vient d’être nommé président du Centre Patronal et de la Fédération patronale vaudoise.

Il est élu à la Chambre suisse
Il avait déjà remis un pied dans les organisations professionnelles en 2004, année où il accède à la présidence de la Chambre vaudoise des arts et métiers, est élu à la Chambre suisse des arts et métiers et au Comité directeur de l’USAM à l’occasion du Congrès de Berne. Pour l’anecdote, on peut citer que lors de l’assemblée de la Chambre suisse des arts et métiers qui doit élire le Comité directeur de l’USAM, Dino Venezia est élu à l’unanimité moins une voix, car il était absent lors de ce Congrès. Il était encore en Allemagne avec l’équipe suisse des moins de 21 ans qui y disputait le tournoi final du Championnat d’Europe.

Il adore la musique symphonique
Comme vous le voyez, c’est après une carrière bien remplie que Dino, ce mélomane passionné de musique classique, que l’on a même vu au Comité des Amis Vaudois de l’Orchestre de la Suisse romande, pourra enfin jouir pleinement de son impressionnante discothèque forte de plus de 4000 CD de musique essentiellement symphonique. Mais pour l’heure, le vice-président sortant de notre Union, mon prédécesseur, va nous parler de son passage à l’USAM, en sa qualité de fiscaliste, car il ne peut s’empêcher de parler d’impôts.


En deuxième partie de matinée, un débat sur la formation duale, son évolution et ses futurs défis, réunissait, sous la houlette de la journaliste Ariane Dayer, Christine Bulliard-Marbach, conseillère nationale, Jacques-André Maire, conseiller national, Claude Pottier, chef du service de la formation professionnelle (VS), Jean-François Savary, directeur de l’Ecole de la construction de la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE). D’emblée, Christine Bulliard a déclaré qu’il fallait donner l’exemple autour de soi en formant des apprentis et ne pas soutenir les entreprises qui tournent le dos à l’apprentissage. Pour Jacques-André Maire, la formation duale est un monde fantastique, ouvert, dynamique, dont il est devenu un fervent défenseur. Le plus important selon lui est de sensibiliser les prescripteurs, parents, maîtres d’école, conseillers en orientation professionnelle, que tous se familiarisent avec le système pour mieux en parler. A cela s’ajoute un défi, celui de trouver les futurs patrons qui formeront les apprentis de demain.



Histoire de lancer le débat, Ariane Dayer a fait sourire en comparant l’apprentissage à une maladie vénérienne – finalement, on trouve que c’est très bien mais on préférerait que cela tombe sur le fils du voisin. «C’est cette fameuse question d’image, a résumé Jean-François Savary. En fait, il faut proposer aux jeunes un projet professionnel complet, dont l’apprentissage n’est que la première étape.» Pour lutter contre cette image un peu ringarde, il faut aussi travailler sur la perception qu’en ont les acteurs dont l’approche est académique, comme les enseignants du cycle, les conseillers en orientation. Bref, casser cette monoculture académique, leur montrer à quoi ressemble une entreprise!



Il y a des différences culturelles: ainsi, les apprentis sont 36% en Suisse romande, contre 42% en Suisse alémanique. Cela s’explique en partie du fait de l’influence par la France et l’Italie sur les cantons latins. Que nous réserve l’avenir? Les orateurs ont mentionné la concurrence entre filières due à l’évolution démographique. Le manque de maîtres d’apprentissage dans certains secteurs. La carence de places dans certains secteurs de l’industrie et de la santé.

Dans la discussion, le fait que la pharmacie Benu décide de ne plus former des apprentis (puis revienne en arrière) a été vivement critiqué. Tout comme le fait que les filières de culture générale retardent l’entrée en apprentissage. Pour certains, il faut revoir l’articulation entre l’objectif de l’école obligatoire et la formation professionnelle. Un point en revanche a suscité la discussion. L’apprentissage ou le renforcement des compétences linguistiques font pour la Fribourgeoise Christine Bulliard partie des compétences-clés de l’entrepreneur. Pour le Vaudois Savary, «il ne faut pas tirer sur la tige des fleurs pour les faire pousser plus vite. Si on rajoute les langues, il y a aussi de la gymnastique et toutes sortes de choses. On ne peut pas tout faire en l’espace de trois ans!» - On peut faire de la gymnastique dans une autre langue», a riposté la conseillère nationale. Pour Jacques-André Maire, le fait de former les futurs cadres de demain implique aussi d’intégrer les compétences de gestion.

Les situations de ruptures de contrats ont également préoccupé les intervenants. La restauration a vécu ainsi des heures pénibles. Il faudrait pouvoir généraliser la pratique de coachings donnés sur les places de travail lors de situation conflictuelles. A mentionner également, un phénomène de société : les jeunes ne sont plus aussi facilement malléables qu’autrefois pour entrer dans un contexte de travail, a observé Jacques-André Maire. A l’heure de conclure, on voyait se dessiner certains consensus, notamment sur la nécessité de mieux communiquer dans cette immense galaxie de la formation professionnelle – et de donner à une meilleure reconnaissance du système suisse à l’international. Pour terminer, si elle devait se lancer dans un apprentissage, Christiane Bulliard choisirait le bois, mais pas pour faire plaisir à Jean-François Rime, le président de l’usam actif dans ce secteur. Maire élirait la biologie et les métiers de la terre. Quant à Pottier, il opterait pour cuisine et gastronomie. Et Savary deviendrait maçon, son père à l’époque l’avait découragé et il avait opté pour la mécanique. 


En conclusion: ce qu’ils en retiennent.

Le vice-président Jean-René –Fournier livre quelques impressions des deux journées passées à Champéry sur ce thème de l’internationalisation des PME.

  • De Garelli, je retiendrai l’importance de l’Etat de droit et de conserver sa stabilité. La nécessité d’investir durablement dans les PME. La nécessité pour la Suisse d’être beaucoup plus ferme
  • De Etter, plus formel et technique, je retiendrai sa volonté de faire ressortir que cet accord est plus complémentaire que concurrentiel. J’ai vécu un accord de libre-échange avec le Brésil qui  a de la peine à se concrétiser. Mais ce soir, si la Suisse bat l’argentine, nous aurons un accord dans les semaines à venir avec le Brésil.
  • Du débat sur la fiscalité des cantons. Je retiendrai ces trois argentiers inquiets. Par le biais de la simple concurrence fiscale entre les cantons, ils sont eux aussi impactés. Je retiendrai que la Confédération devrait apporter son aide pour rétablir l’équilibre
  • De la présentation d’Yves Rossier, je retiendrai qu’il nous a démontré que l’insécurité jusqu’à mi 2015 est la seule certitude dans le contexte actuel.
  • De Jean-Pascal Luthi, je retiendrai une liste des difficultés, la nécessité d’améliorer les profils les moins qualifiés, le matching entre offre et demande, l’émergence d’une nouvelle demande dans les cleantechs et la nécessité d’une reconnaissance des diplômes à l’international.
  • Du débat sur la formation, je retiens qu’ils ont été très concrets et d’un bon niveau. Qu’il y a consensus sur la qualité dans la formation, même si cette dernière, c’est souvent pour les autres. Qu’il faut inscrire l’apprentissage dans un cursus professionnel plus vaste.
  • Une spécificité fribourgeoise a retenu toute mon attention. Cette pharmacie qui voulait supprimer des places d’apprentissage. En Valais, c’est la Confédération elle-même qui veut supprimer des dizaines de place d’apprentissage à l’aérodrome de Sion.
  • La 47e Journée romande des arts et métiers a vécu. Place aux 48e Journées romandes qui se dérouleront les 29 et 30 juin prochain.
  • Applaudissement à Marco Taddei, dont c’est le dernier millésime. Et à Sabrina Wisard, co-organisatrice, une première édition couronnée de succès!

Texte: François Othenin-Girard, Rédacteur en chef du Journal des arts et métiers jam

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