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Nouvelles de Klosters
Mercredi 12 janvier 2011
Bruno Zuppiger : «Nous voulons plus de représentants des arts et métiers au Parlement. »
Pour la première fois, le conseiller national et président de l’usam Bruno Zuppiger a inauguré le « Forum de Davos des arts et métiers », la traditionnelle Conférence d’hiver des arts et métiers de Klosters. Pour cette 62e édition, l’usam a placé les thèmes des élections de 2011 et de la formation professionnelle au centre des débats. Le président de l’usam a profité de son discours d’ouverture pour tirer un bilan de la stratégie 2010-2014 : l’usam reste fidèle à la ligne qu’elle s’est fixée, met en œuvre la stratégie avec à la clé, des succès significatifs.
La formation : un thème préoccupant
Pour Bruno Zuppiger, la formation professionnelle constitue un « thème prioritaire ». Malgré les nombreuses preuves attestant de la qualité du système de formation duale, le président s’inquiète du phénomène de dévalorisation qui touche actuellement la formation professionnelle. Il s’oppose catégoriquement à une académisation de l’apprentissage. « Au contraire, la formation professionnelle doit plus que jamais se rapprocher de l’économie », insiste le conseiller national, qui s’inquiète tout autant pour le financement de la formation professionnelle supérieure: « Alors que la Confédération dépense chaque année 7 milliards de francs pour la formation académique, elle ne débourse que 180 millions de francs pour la formation professionnelle supérieure. L’usam ne peut plus accepter pareille inégalité de traitement, alors même que le principe d’équité entre les deux voies de formation est inscrit dans la Constitution depuis 2006. » A ce titre, le président a rappelé les exigences de l’usam. L’organisation faîtière demande que 500 millions de francs supplémentaires soient investis pour la formation professionnelle supérieure et que la loi sur la formation professionnelle soit adaptée en fonction.
Des élus pour mieux défendre nos intérêts
L’année 2011 sera marquée par les élections parlementaires, d’où le choix de l’usam de traiter ce thème de manière plus approfondie au cours de ces trois journées. Le président de l’usam ne cache pas ses ambitions : « L’usam veut faire en sorte que le plus possible de « défenseurs » des PME soient élus l’automne prochain. Nous entendons par « défenseurs » des personnes se reconnaissant dans notre stratégie, dans notre orientation en général et dans nos objectifs stratégiques. » Bruno Zuppiger y voit un moyen de renforcer le groupe parlementaire des arts et métiers et le lobby au Parlement. « Plus les représentants des arts et métiers seront présents au sein du Parlement, plus nos intérêts pourront s’imposer. C’est aussi simple que cela », a-t-il déclaré.
L’usam a donc cherché à évaluer le profil PME des actuels conseillers nationaux sur la base de leurs votes au cours de la présente législature (2007-2011). « Il ne s’agit bien entendu pas d’un diktat de Berne mais uniquement d’une aide, en particulier pour les cantons qui n’ont pas encore exprimé leurs recommandations de vote », a précisé Bruno Zuppiger.
Thomas Minder reste catégorique
Mercredi soir, l’entrepreneur schaffhousois Thomas Minder était présent pour débattre de son initiative « contre les rémunérations abusives » avec le conseiller national PDC Pirmin Bischof et le président et conseiller national Bruno Zuppiger. Thomas Minder est catégorique et impatient : « Voilà 34 mois que l’initiative a été déposée et rien n’a changé. La politique doit absolument prendre les choses en main, sinon des cas de faillites dévastatrices de ce genre se renouvelleront, c’est certain. » L’entrepreneur demande que la politique économique prenne en considération les PME et les petits entrepreneurs plutôt que les grandes et les très grandes entreprises.
Le Soleurois Pirmin Bischof, père du contre-projet, a avoué qu’il lui importait finalement peu que l’initiative Minder soit inscrite dans la Constitution ou le Code des obligations. Mais il reste intransigeant sur un point : « Nous ne pouvons accepter que l’assemblée générale soit obligée de définir chaque année la somme des revenus du Conseil d’administration et de la direction. La Suisse risque d'être confrontée sinon à des délocalisations, et donc à des suppressions d'emplois. »
Préserver les PME
Le président de l’usam Bruno Zuppiger a fait part de sa compréhension envers les exigences de Thomas Minder, particulièrement en ce qui concerne le renforcement des actionnaires et le besoin accru de transparence. Il a toutefois insisté sur sa volonté de ne pas compromettre le libéralisme. L’attrait de la place économique doit rester intact, c’est pourquoi il refuse que l’on inflige de nouvelles charges aux PME. «La réglementation doit rester au niveau législatif. L’usam refuse que les bonus de plus de 3 millions de francs soient imposés, tel que l’a décidé le Conseil des Etats.»
Malgré les encouragements de l’usam en faveur d’un compromis, Thomas Minder a exprimé sa détermination : « Je ne peux pas imaginer retirer mon initiative tant que le contre-projet du Parlement ne contient pas de directives contraignantes envers les salaires des managers. » Il a déjà accepté un compromis avec l’UDC, il n’en acceptera pas d’autres, a-t-il affirmé.
Fichiers:
- Exposé du CN Bruno Zuppiger « Point de la situation des arts et métiers » (pdf, seulement en allemand)
- Stratégie et objectifs politiques de l’usam 2010-2014 (pdf)
Jeudi 13 janvier 2011
Le rating confirme la proximité du PLR et de l’UDC face aux objectifs de l’usam
Cette année, l’usam a choisi les élections de 2011 comme fil conducteur pour sa traditionnelle Conférence d’hiver des arts et métiers à Klosters. A cette occasion, l’Union suisse des arts et métiers usam a chargé l’Université de Zurich d’établir un classement des conseillers nationaux afin de savoir lesquels d’entre eux se sont le plus engagés en faveur de thèmes spécifiquement PME. L’auteur de ce rating, le géo-politologue Michael Hermann, était présent pour révéler les résultats de cette démarche aux quelque 200 participants. Des résultats établis sur la base de dossiers aussi bien généraux que spécifiques – allant de la révision de l’AVS aux allocations pour enfants – et des thèmes variés (économie, assurances sociales, finances, énergie etc.). Le classement est sans équivoque : le PLR et l’UDC sont les groupes qui répondent le plus fidèlement aux exigences de l’usam.
Lire le commentaire de Michael Hermann, chargé de l‘étude
Iwan Rickenbacher : « Mieux vaut considérer la personnalité que le parti »
Le spécialiste en communication politique Iwan Rickenbacher a livré quelques conseils sur la façon dont les arts et métiers et les partis peuvent se mobiliser ensemble pour un objectif commun. L’ancien secrétaire général du PDC pense que l’usam a deux cartes précises à jouer si elle veut augmenter la présence d’entrepreneurs influents au Parlement : celle de la compétence et celle des thèmes rassembleurs chez les PME. Il a relevé la « puissance » de l’usam dans son rôle d’organisation faîtière. « L’usam conjuge les intérêts de ses membres et a un accès direct à la politique et aux médias », a-t-il affirmé.
Toutefois, force est de constater que l’homogénéité politique de ses membres a tendance à s’effriter, d’où son conseil de renforcer l’importance économique des PME dans la conscience collective. Pour ce faire, les candidats doivent être préparés en conséquence, notamment en leur fournissant des informations de base. Le spécialiste estime en outre que des événements régionaux et nationaux spécifiquement consacrés aux arts et métiers est un bon moyen d’atteindre cet objectif – celui d’augmenter la présence des entrepreneurs au Parlement. A ses yeux, ce genre d’événements est tout aussi bénéfique que de mesurer le degré de fiabilité des partis et de leurs candidats envers les arts et métiers. Et, quand sera venu le moment de faire son choix, Iwan Rickenbacher conseille finalement de ne pas trop se concentrer sur le parti mais plutôt sur la personnalité des candidats.
Débat: Quelle est la suite à donner aux résultats du rating de l’usam ?
Après avoir présenté et expliqué les résultats du rating de l’usam, il restait encore à connaître l’avis de quelques représentants du monde des arts et métiers sur l’utilité d’une telle démarche. Charles Liebherr, journaliste à la DRS, a animé un débat entre le président de l’usam Bruno Zuppiger, la vice-présidente de l’usam et présidente de PME bernoises Kathrin Anderegg ainsi que deux présidents d’Union cantonale des arts et métiers, Hans M. Richle du canton de St-Gall et Silvan Hotz du canton de Zug. Les participants ont exprimé leur intérêt à ce que l’usam soit prise au sérieux dans les débats. Créer une identité propre aux arts et métiers serait un bon moyen de se profiler. Un rating PME participe justement à cet effort de démarcation en amont des élections, ont-ils convenu.
« Un rating est un instrument de travail », estime Kathrin Anderegg. Un avis partagé par Silvan Hotz, qui pense que ce genre d’évaluation permet de mieux choisir les candidats à soutenir : « Avant les élections, ils se disent tous proches des arts et métiers. Il est donc intéressant de voir ce qui a été réellement mis en pratique lorsque le mandat touche à sa fin. » Hans Richle a également salué cette démarche, bien qu’il regrette que « le travail important qui se déroule en coulisse » ne soit pas pris en considération. Pour Bruno Zuppiger, ce genre d’exercice n’est « qu’un instrument d’évaluation parmi d’autres. » Les candidats doivent partager les idées de base de l’usam et doivent par conséquent se situer plutôt en haut de la liste s’ils veulent avoir une chance en octobre. Mais pour le président, autant dire que les jeux sont faits : « Le travail a déjà été réalisé, ou non. Au printemps, il sera trop tard pour prouver quoi que ce soit.»
Pierre Bessard : « Rendons au citoyen sa responsabilité »
L’exposé de Pierre Bessard, directeur du Liberales Institut à Zurich et éditorialiste à L’Agefi, a résonné comme un véritable un plaidoyer pour le libéralisme en cette fin d’après-midi à Klosters. « Le libéralisme permet plus d’accéder à plus de bien-être et de croissance», affirme Pierre Bessard. Pour ce faire, il ne voit qu’une solution, celle de la déétatisation de notre société. Car l’intervention étatique ne peut en aucun cas être défendue, maintient le directeur. « L’étatisme est un frein à la propriété privée, à l’esprit d’initiative et à la créativité », estime-t-il. Pierre Bessard perçoit ce frein non seulement comme une contrainte, mais aussi comme une injustice face au désir de liberté, d’autonomie et de responsabilité.
Actuellement, Pierre Bessard constate avec regrets que la tendance est plutôt à l’augmentation des coûts de la réglementation. « Même si les charges bureaucratiques et les subventions ne cessent de se multiplier dans de nombreux domaines tels que la formation, les médias, les assurances sociales, les conditions de vie ne se sont pas améliorées pour autant ces dernières années », observe Pierre Bessard. Il verrait donc bien un système identique au frein à l’endettement mais pour les taxes et autres charges. Le but étant de désencombrer la société de cette inefficacité qui entoure la bureaucratie et de rendre à l’homme son envie d’agir par lui-même. Le directeur refuse toute mise sous tutelle du citoyen. « Rendons sa responsabilité au citoyen », a-t-il finalement déclaré. Une manière de clore son exposé sur une note décidément, profondément libérale.
Hans-Ulrich Bigler : Retour sur trois dossiers clés de l’année 2010
Le directeur de l’usam Hans-Ulrich Bigler a rappelé dans son exposé l’importance des PME pour l’économie suisse : les PME créent des emplois, forment les apprentis et servent de tampon conjoncturel en cas de récession économique. « Ces éloges ne doivent pas masquer le fait que les petites et moyennes entreprises ont besoin des grandes entreprises, et inversement ! », a insisté le directeur. Il a abordé ensuite sur trois objectifs clés de l’usam, à commencer par la volonté de réduire les coûts de la réglementation. « Deux interventions ont été déposées au Parlement demandant que ces charges bureaucratiques soient mesurées et déterminées précisément. Cet état des lieux devrait nous permettre de les combattre plus efficacement par la suite. » Prenant l’exemple de Billag, le directeur s’étonne de voir la contradiction régnant dans certains partis : « Des parlementaires affirment vouloir lutter contre les charges injustifiées et acceptent ensuite que les PME doivent payer la taxe radio-TV à double. Il y a quelque chose qui m’échappe ! »
Réfléchir à la formation et à l’âge de la retraite, c’est penser au futur
Le deuxième thème abordé était le financement de la formation professionnelle supérieure. Hans-Ulrich Bigler a fait part de son mécontentement face à l’inégalité de traitement qui continue de régner entre les deux filières de formation, professionnelle et académique. « C’est la raison pour laquelle l’usam a exigé 500 millions de francs supplémentaires de la part des pouvoirs publics en faveur de la formation professionnelle supérieure ». Autre proposition de l’usam émise l’année dernière : l’adaptation progressive de l’âge de la retraite. « Notre modèle permettrait d’adapter l’âge de la retraite par étapes, vers le haut ou vers le bas, en fonction de la situation financière du fonds AVS », a-t-il expliqué. Ce système de stabilisation se situe dans la ligne que l’usam s’est fixée il y a deux ans en matière de politique sociale : ce sont les moyens à disposition qui doivent déterminer les prestations, et non l’inverse.
De manière générale, la stratégie de l’usam 2010-2014 cherche avant tout à créer un environnement favorable aux entrepreneurs. Mais attention : « Il ne s’agit pas d’avantager les PME mais bien de leur offrir des conditions optimales pour le développement de leurs activités », a tenu à souligner Hans-Ulrich Bigler.
Débat : Le combat contre la bureaucratie ne doit pas mener à plus de bureaucratie !
De quoi ont réellement besoin les PME ? Voilà la question que se sont posés les trois conseillers nationaux participant au débat du jeudi en fin d’après-midi : le chef du groupe parlementaire UDC Caspar Baader, la vice-présidente du PDC suisse Ida Glanzmann et le directeur libéral-radical de l’Union cantonale des arts et métiers de Bâle-Ville Peter Malama, ont répondu aux questions du journaliste parlementaire de la SRF, Gion-Duri Vincenz.
Tous sont d’accord, en théorie, sur la nécessité de combattre les charges bureaucratiques. En théorie, car la mise en pratique est parfois plus longue et difficile que prévue. Ida Glanzmann avoue que ses objectifs n’ont pas beaucoup évolué au cours des quatre dernières années : « La nécessité de réduire les charges fait toujours partie de mes priorités. C’est un travail qui s’étend sur le long terme et qui doit désormais se baser sur des cas concrets. Le fait que le sujet revienne constamment comme objectif n’est pas négatif pour Caspar Baader : « C’est comme pour les entreprises qui doivent restructurer tous les dix ans. Cela leur permet de faire une sélection et d’avancer. » Peter Malama relève encore un aspect: « La lutte contre la bureaucratie ne doit pas mener à plus de bureaucratie. » Une nuance relevée par Caspar Baader, qui se qualifie volontiers de praticien et non de théoricien.
La libre-circulation des personnes divise
Pour Peter Malama, la libre-circulation des personnes constitue une condition fondamentale pour que les PME puissent s’épanouir. Un avis que ne partage pas le chef du groupe parlementaire UDC : « La présence d’étrangers n’est pas un phénomène nouveau mais elle devient problématique dans une période de récession, notamment en termes de concurrence. Sans oublier les coûts en infrastructures que cela engendre. » Peter Malama voit au contraire l’apport de cette main d’œuvre étrangère comme bénéfique pour la Suisse : « Notre pays ne forme pas suffisamment de personnel qualifié, notamment dans les domaines scientifiques et technologiques. Nous devons donc importer ce savoir-faire de l’étranger, et bien au-delà des frontières européennes. Il en va de la prospérité de la Suisse. »
Fichiers:
Dr. Iwan Rickenbacher: Présentation "Start ins Wahljahr 2011 - Wie mobilisieren Parteien und Gewerbe gemeinsam?" (en allemand, ficher PPT / fichier PDF)
KMU-Rating Dr. Michael Hermann: Tableau avec touts les conseils nationaux (fichier PDF)
- Hans-Ulrich Bigler, directeur usam: présentation "Politische Forderungen der KMU aus Sicht des sgv" (en allemand, fichier PPT / fichier PDF)
Vendredi 14 janvier 2011
Kathrin Hoeckel : « Le système de formation professionnelle suisse est un exemple au niveau mondial »
La qualité du système de formation professionnelle suisse est reconnue loin à la ronde. Des éloges particulièrement appréciées lorsqu’elles viennent d’une académicienne allemande venue directement de Paris. L’experte de la formation professionnelle de l’OCDE Kathrin Hoeckel sait de quoi elle parle. Son organisation a réalisé des rapports sur les systèmes de formation professionnelle dans 17 pays de par le monde. « La Suisse y est très souvent mentionnée à titre d’exemple », déclare-t-elle devant un public non peu fier d’entendre ces compliments.
Reste à savoir pourquoi la Suisse est un modèle exemplaire. « La force de la formation professionnelle suisse réside dans la cohérence de son système et son professionnalisme. Chaque « maillon » est spécifiquement formé, que ce soit les maîtres d’apprentissage, les enseignants du centre professionnel ou les responsable de l’administration », observe-t-elle. Mais la Suisse peut compter sur d’autres facteurs de réussite. Kathrin Hoeckel mentionne notamment l’importance de la collaboration entre les partenaires sociaux, la garantie de la qualité, l’intégration de notre système dual sans oublier l’environnement économique et social favorable. Le Suisse doit toutefois faire en sorte de maintenir ce niveau, voire même de l’améliorer, notamment en ce qui concerne l’égalité des chances, estime Kathrin Hoeckel. « Les personnes qui interrompent leur formation doivent être mieux soutenues, la formation et l’activité des femmes davantage encouragées et la formation professionnelle financée de manière équitable par rapport à la formation académique », relève encore la spécialiste de l’OCDE.
Prof. Walther Ch. Zimmerli : « 400 métiers, c’est trop ! »
L’exposé du président de l’Université technique du Brandenburg Walther Ch. Zimmerli était particulièrement attendu. Plus connu en tant qu’auteur du Livre blanc intitulé « Une éducation pour la Suisse du futur », Walther Ch. Zimmerli a d’emblée clarifié un point : « Je n’ai jamais qualifié le système de formation duale de « modèle dépassé, se défend-il. Le Livre blanc dit autre chose. Il dit que le système de formation professionnelle suisse sera un modèle dépassé, si nous ne le changeons pas. » En 2009, 5000 places d’apprentissage requérant des exigences plus élevées sont restées inoccupées. Un nombre qui est passé à 7000 en 2010. Cette situation préoccupante incite Walther Zimmerli à réfléchir à des propositions. Il estime qu’il est nécessaire de renforcer la collaboration entre les universités et les hautes écoles spécialisées et de favoriser les échanges avec l’économie. « Le système dual de formation a atteint les limites de ces capacités. 400 métiers, c’est trop ! Nous devons à tout prix réduire ce nombre », affirme-t-il. Il mentionne à ce titre le Danemark qui ne compte plus que 80 métiers.
Christine Davatz: Encourager les examens professionnels supérieurs
Christine Davatz se bat depuis 25 ans pour la formation professionnelle. Convaincue par le système dual, la vice-directrice de l’usam fait toutefois preuve d’ouverture face aux besoins d’adaptation et d’améliorations. Ce qui ne semble pas être le cas de la formation académique, qui reste à ses yeux, « intouchable » : « Nous remarquons que la formation professionnelle a connu d’énormes changements au cours des vingt dernières années, ce qui n’est pas le cas de la formation académique. Je regrette qu’il n’y ait pas plus de remise en question de ce côté-là », a-t-elle déclaré.
« Le rapport sur la formation professionnelle de l’usam 2010 considère la formation professionnelle supérieure comme une priorité », a déclaré Christine Davatz. L’usam met tout en œuvre pour que les professionnels ne soient plus pénalisés sur le plan financier par rapport aux académiciens. Concrètement, l’organisation faîtière exige que les cours préparatoires aux examens professionnels et professionnels supérieurs soient davantage soutenus. « L’usam exige 500 millions de francs supplémentaires par année de la part des pouvoirs publics afin que les personnes qui souhaitent se préparer à ces examens puissent le faire, sans être découragés par l’aspect financier », a-t-elle expliqué. Un moyen de parvenir enfin à l’égalité dans le domaine de la formation professionnelle supérieure.
Débat : La formation professionnelle : un modèle en perte de vitesse ?
Les exposés sur la formation professionnelle ont ouvert la voie à un débat animé. « Il y a 12 ans, 850 millions de francs ont été investis dans la formation professionnelle. Aujourd’hui, ce montant n’est plus que de 180 millions de francs », déplore le président de l’usam Bruno Zupigger. Il en a profité pour rappeler l’exigence de l’usam de débloquer 500 millions de francs supplémentaires en faveur de la formation professionnelle supérieure. D’où la volonté de combattre cette « érosion croissante » de la formation professionnelle. Le directeur d’Avenir Suisse Gerhard Schwarz ne soutient pas la proposition de l’usam : « Nous ne devons pas commettre la même erreur que nous avons fait pour les universités. Il faut éviter que l’argent ne vienne de l’Etat », estime-t-il.
Rudolf Strahm, ancien Surveillant des prix, a abordé un autre problème, celui des titres. Bien qu’il ne se considère lui-même pas comme un « maniaque des titres », il se dit favorable à un titre du genre « Bachelor professionnel » que porteraient tous ceux qui ont accompli un examen professionnel. Il y voit un moyen de lutter contre la concurrence des diplômes étrangers qui se qualifient de « Bachelor », alors que les compétences ne correspondent par forcément au niveau suisse. Une idée qui a attiré plus de scepticisme que d’engouement : le système de formation est déjà encombré par un « trop-plein » de titres, ont estimé les autres participants de la table-ronde. Ils soutiennent davantage les propositions qui tendent vers plus d’efficacité.
Ueli Maurer: « Il n’y a pas de bien-être sans sécurité »
« La sécurité et le bien-être sont étroitement liés », a déclaré le conseiller fédéral Ueli Maurer à Klosters. Le chef du DDPS était présent pour clore en beauté cette 62e édition de la Conférence d’hiver des arts et métiers. Pour le ministre de la défense, ne pas investir suffisamment dans la sécurité de son pays signifie renoncer aux fondements de son bien-être. « La force du franc comparé à l’euro ou au dollar atteste de la confiance placée par la communauté internationale dans la stabilité et la sécurité de la Suisse. » Selon Ueli Maurer, la garantie de la propriété privée est déterminante pour la sécurité de notre pays – un rôle que l’armée assume également.
Toutefois, notre pays n’est plus le havre de pays qu’il était autrefois. « La société moderne est extrêmement vulnérable », déplore Ueli Maurer, en mentionnant l’exemple de l’approvisionnement électrique. « Il suffit d’une panne pour que tout cesse de fonctionner, que ce soit les magasins d’alimentation, les bancomats ou encore les dispositifs de sécurité. Tous ont besoin d’électricité. L’armée est là pour garantir les infrastructures de notre pays en cas de besoin », rappelle le conseiller fédéral. De même en ce qui concerne la sécurité de l’environnement des citoyens. L’armée apporte son soutien aux corps de police cantonaux, si plusieurs événements décisifs devaient les mobiliser durant plus de 72 heures. « Il serait donc très négligent d’abolir l’armée », considère le ministre.
Ueli Maurer a également lancé un appel au monde économique pour qu’ils acceptent de mettre leurs cadres à disposition de l’armée de milice. Les entreprises sont aussi gagnantes : elles participent ainsi à la sécurité de la Suisse, et donc à son bien-être présent et futur.
Non à l’initiative sur les armes
Le chef du DDPS a finalement recommandé de rejeter l’initiative sur les armes qui passera en votation populaire le 13 février. « Retirer les armes serait perçu comme une rupture de confiance entre l’Etat et ses citoyens », a déclaré Ueli Maurer. Le service militaire obligatoire est justement basé sur cette confiance. Et la détruire signifierait mettre en péril le bien-être de la Suisse.
Fichiers:
- Kathrin Hoeckel, OECD Directorate for Education: Présentation "Vorzeigemodell Duale Berufsbildung Schweiz" (en allemand, fichier PPT / ficher PDF)
- Prof. Dr. habil. Walther Ch. Zimmerli: Weissbuch "Zukunft Bildung Schweiz" (en allemand, fichier PPT / fichier PDF)
- Christine Davatz-Höchner, vice-directrice usam: Présentation "Berufsbildungsbericht 2010 sgv und politische Forderungen" (en allemand, ficher PPT / ficher PDF)
Exposés / Présentations
Mercredi 12 janvier 2011
Jeudi 13 janvier 2011
Dr. Iwan Rickenbacher: Présentation "Start ins Wahljahr 2011 - Wie mobilisieren Parteien und Gewerbe gemeinsam?" (en allemand, ficher PPT / fichier PDF)
KMU-Rating Dr. Michael Hermann: Tableau avec touts les conseils nationaux (fichier PDF)
- Hans-Ulrich Bigler, directeur usam: présentation "Politische Forderungen der KMU aus Sicht des sgv" (en allemand, fichier PPT / fichier PDF)
Vendredi 14 janvier 2011
Kathrin Hoeckel, OECD Directorate for Education: Présentation "Vorzeigemodell Duale Berufsbildung Schweiz" (en allemand, fichier PPT / ficher PDF)
Prof. Dr. habil. Walther Ch. Zimmerli: Weissbuch "Zukunft Bildung Schweiz" (en allemand, fichier PPT / fichier PDF)
Christine Davatz-Höchner, vice-directrice usam: Présentation "Berufsbildungsbericht 2010 sgv und politische Forderungen" (en allemand, ficher PPT / ficher PDF)
Impressions d'images
Vendredi, le 14 janvier 2011







