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49. Gewerbetage der Romandie in Champéry 27. & 28. Juni 2016

Die 49. Gewerbetage der Romandie finden am 27. und 28. Juni in Champéry statt und setzten sich mit dem Thema "Digitalisierung: Chancen und Risiken für KMU" auseinander. Kompetente Referenten und spannende Podiumsdiskussionen beleuchteten die Thematik aus verschiedensten Blickwinkeln.

  • Beginn: 27. Juni 2016 14:00 Uhr
  • Ende: 28. Juni 2016 12:00 Uhr
  • Ausführungsort: Sport- und Kongresszentrum Palladium Champéry (Website / Google Maps)

Programm 2016 "Digitalisierung: Chancen und Risiken für KMU"

Programm herunterladen (PDF-Datei, Französisch)


News (nur in französischer Sprache)

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Fotogalerie mit allen Bildern der 49. Gewerbetage der Romandie



 

News aus Champéry (nur in französischer Sprache)

Montag, 27. Juni 2016

Ma PME et mon défi numérique

Les invités ont été accueillis par l’équipe romande de l’usam. Puis, ce furent les souhaits de bienvenue et la présentation du programme de ces deux journées de débats par Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’usam et conseiller national. Sans oublier le thème de la journée: «La numérisation, c’est plus qu’un trend, a-t-il lancé. Nous y sommes et nous y serons tous confrontés. Et à l’usam, c’est le thème de l’année et ici le thème de ces deux journées. Je vous souhaite des débats fructueux et constructifs et beaucoup d’échanges, ici à Champéry.»



Modératrice du débat et journaliste à la RTS, Esther Coquoz rappelle que le mot «ubérisation» a fait son entrée dans le petit Robert. «Il signifie un changement rapide des rapports de force.»



Martin Vetterli, futur président de l’EPFL
Le premier invité monte sur scène. «Martin Vetterli, c’est quelqu’un qui ne s’enferme pas dans la science», annonce Esther Coquoz. Voici des extraits de la contribution de ce grand scientifique qui présidera l’année prochaine aux destinées de l’institution EPFL.

«Voici une image de la terre en mode analogique et une autre image de cette planète en mode numérique pixellisé. Depuis une cinquantaine d’année, nous vivons avec ce sujet. Pourquoi est-ce devenu une priorité? Je vais essayer d’explorer cela et de le mettre en parallèle avec la recherche à l’EPFL.»



«Voici une autre image, celle d’un coucou qui place son œuf dans un autre nid. Le bébé coucou élimine les autres œufs. Au final, quelqu’un d’autre a construit l’infrastructure et nourrit le coucou. Par analogie, l’industrie du taxi, pas particulièrement efficiente mais fonctionne et profite des infrastructures existantes.»

«Puis, une start-up en Californie propose un nouveau service et fait tourner une flotte de taxi depuis San Francisco. Les gens toutefois ne sont pas prêts et le monde des taxis est pris à rebrousse-poil. C’est la guerre, la Taxi-Uber War. Cette entreprise a levé jusqu’ici 12 milliards de dollars de capitalisation.»

«J’ai aussi vu la réponse chinoise. J’étais à Shanghai. A côté de la plaque d’Uber, vous le voyez, on distingue celles des quatre concurrents chinois. De mon point de vue, Uber va perdre sa chemise en Chine! Un tiers des revenus (100 millions) part en Californie. Personne ne paie d’AVS. Face à cela, ne soyons pas naïfs à propos de numérisation.»

«Autre exemple, Nest fabrique des thermostats. Pourquoi utiliser un tel modèle, car toutes les données filent en Californie. Rappelons-nous de celui qui a permis la prise de conscience suivante: il vaut mieux filer le coton en Inde plutôt que de l’envoyer en Angleterre. Il s’agit de Ghandi. Nous devons rester maîtres de l’innovation.

«En Suisse, le premier robot programmable par Edouard Jaquet-Droz date de 1774. Le World Wide Web a été inventé à Genève au CERN en 1989. Mais l’Europe n’a pas suivi et cette industrie est partie en Californie. Aujourd’hui, si vous prenez la capitalisation boursière des entreprises électroniques, on observe qu’elle est dominée par les Etats-Unis. Le risque, que l’Europe devienne une colonie digitale.»

«A l’EPFL, nous cultivons une science ouverte. Chez nous, la science des données est très importante, nous lançons un Master sur ce sujet. Prenez l’intelligence artificielle. Une révolution a eu lieu durant les dix dernières années. Une entreprise à Londres a lancé un programme qui a appris à jouer au jeu de GO, un jeu plus complexe que les échecs. Le programme a été optimisé en jouant contre lui-même. Le champion du monde a perdu 4 à 1 contre le programme.»

«De nombreux métiers risquent d’être menacés et il faudra faire attention. Il faut comprendre ce qui se passe en recherche fondamentale afin de donner de bonnes impulsions dans la révolution industrielle. J’observe l’évolution du monde de la musique, ou de la téléphonie, et maintenant celle de l’industrie automobile avec Tesla, qui prend des risques importants pour innover. Il faut se préparer et la recherche, l’éducation, sont très importants. Avec la formation duale et les HES, notre système fonctionne bien, mais il faut faire très attention.»

«Dans la réalité du terrain, sur le budget de la politique de la recherche, je vois aussi que les actes ne suivent pas la parole. Il faut investir dans la formation et la recherche. Mon rêve est la vallée suisse de l’innovation. Ce n’est pas beaucoup plus grand et les infrastructures sont bonnes.»

«Je finis par une image prise hier dans la campagne vaudoise. Une botte de foin a roulé dans un champ et laissé une trace dans un champ de céréales. Au XIXe, la vapeur est arrivée en Europe et la révolution industrielle avec. L’Ecole polytechnique de Zurich a été créée à cette époque pour maîtriser l’innovation.»

Deuxième intervenant: Julien Grosclaude, directeur des relations publiques chez Suissedigital.

Julien Grosclaude: «Nous sommes l’association de branche des cablo-opérateurs en Suisse. La HEW de Zurich et Suissedigital viennent de mettre la main à une étude. Une première définition de la numérisation serait la conversion d’un support physique en support numérique. Mais ici par numérisation, j’entendrai la mise en œuvre d’outils qui permettent une perméabilité très étendue entre hommes, outils et machines. Dans les années 1970, nous avions déjà eu une troisième révolution industrielle. Nous en sommes aujourd’hui à la quatrième révolution industrielle. La jonction du monde physique et virtuelle va permettre une nouvelle optimisation des ressources à disposition. Pensez qu’il y a quelques années, il n’était pas possible de parler à son téléphone pour dénicher une pizza à dix minutes à pied!»



«L’étude porte sur 150 entreprises. Les conclusions sont cohérentes avec les autres études. Les dirigeants ont bien compris que l’enjeu était là. Du reste, 78% d’entre eux pensent que l’impact sur leur activité sera fort à très fort. Nous leur avons demandé s’ils avaient une stratégie. Or, 17% n’en ont pas et 21% sur ce nombre n’en veulent pas. 32% ont une approche globale de cet enjeu, le reste pas. Pour la pizza, il faut une réservation en ligne etc. » Notre étude montre en outre que 79% des entreprises sont des dinosaures sur la numérisation.»

«Qu’est-ce que les PME ont mis en œuvre jusqu’ici? Nous leur avons posé cette question. Au-delà de la réponse d’intention, très peu d’entreprises disposent réellement aujourd’hui d’outils digitaux. Côté explications, elles invoquent le manque de ressources et de compétences humaines. J’aimerais aussi souligner un aspect psychologique: vu tous les défis qui se posent actuellement, ce n’est pas forcément facile de tout mettre à plat aussi s’agissant de la numérisation.»

«Il est difficile de donner des recommandations. Je livrerai ici plutôt quelques pistes de réflexion. D’abord d’emblée, il faut avoir un intérêt pour cette thématique. Lire des rapports, savoir ce qui se passe dans sa branche. Cela va très vite. Il faut être capable d’anticiper les changements.»



«Prenons un garage. Aujourd’hui, un site internet. Demain, des voitures autonomes qui prennent rendez-vous, passe commande à l’imprimante 3D du garage, mettre des rendez-vous dans mon agenda, etc.»

«Pour conclure: la numérisation comporte une part d’incertitude. Elles ne sont pas nouvelles. On a assisté dans l’histoire industrielle à des actes de destructions de machines à tisser.  Dans le disque, les majors ont essayé de verrouiller leur modèle d’affaires. Ceux qui réussissent sont ceux qui écoutent ce dont les gens ont besoin.»


Quelles possibilités de business pour les PME dans la révolution numérique? Celles qui sont monté sur scène lors des 49es Journées romandes de Champéry ont intégré chacune à leur manière l’enjeu global de la numérisation.

Jean Hennebert, professeur d’informatique à la Haute-Ecole d’ingénieurs et d’architectes de Fribourg. Il a monté une start-up, puis sa trajectoire l’a emmené aux Etats-Unis. Depuis son retour en Suisse, il s’occupe du laboratoire de traitement de données, Daplab. «C’est un laboratoire ouvert à toutes les entreprises et chercheurs qui se posent la question du Big Data. Dans ce domaine, le ticket d’entrée est cher, il faut des machines et des experts. Les grands s’y mettent. Nous réduisons la barrière à l’entrée pour les PME. Nous les accompagnons dans l’exploration et la valorisation des données. Le Canton de Fribourg participe au financement. Un exemple? Sensimed CTI project : cette PME a mis au point une lentille oculaire qui récolte des données physiologiques (type battement de cœur). Ces données extraites permettent ensuite de réaliser des comparaisons statistiques entre différentes populations.»

EC: «Comment commencer la numérisation dans une PME?»

JH: «Je commencerais par les services centraux qui vont générer des quantités de données qui pourront être exploitée. Puis de là aux machines et aux services extérieurs.»

Marjorie Virdis, Morphean SA: Cette entreprise basée à Granges Paccot est spécialisée dans la gestion de la sécurité à distance grâce au cloud. En résumé: la capture vidéo, l’enregistrement de données, lefeedback au client. A l’entrée, l’internet des choses par les caméras permet d’amener les données dans le cloud. Un film met en évidence divers points comme le contrôle de l’accès à distance via un smartphone, la sécurisation d’un centre de données, l’amélioration de la connaissance des clients grâce à la vidéo. Et aussi l’amélioration de la performance du magasin par l’analyse des flux de clients.



Cédric Morel, directeur de Sensile Technologies à Morges. Après un diplôme EPFL en sciences des matériaux, un parcours au Japon (Toshiba), Cédric Morel revient en Suisse pour lancer une start-up. «Nous avons fondé Sensile il y a bientôt 16 ans. Nous plaçons nos appareils, des capteurs, dans des citernes de gaz, de pétrole. Un exemple? Un éleveur de poulet reçoit 1000 poussins et les premières semaines sont critiques. Il faut chauffer les halles. Nous apportons une aide qui gère la logistique des citernes pour éviter de rater une livraison de gaz. Notre système génère une commande directe dans le système de livraison. De la sorte, on économise 30% dans les coûts de logistique. Notre solution permet d’utiliser moins de camions. On fait économiser 30% d’émission de CO2. Nous sommes donc une cleantech. Les régies sont aussi friandes de ce type de services. Demain, on mesurera autre chose, des conduites d’eau, bref, il y aura toujours plein de choses à mesurer.»

Romain Thalmann, immobilier.ch: «Les premiers portails immobiliers dans les années 1990, 2000 et 2001. Immoscout24.ch (Ringier), immostreet.ch (Tamedia) et homegate.ch (Tamedia). Cela existe depuis 15 ans. Immobilier.ch a été créé comme contrepoids à ce système, car les prix pratiqués par ces différents acteurs sont beaucoup trop élevés. Nous ne proposons que des annonces de professionnels. Les agences immobilières vont-elles-mêmes devenir actionnaires du site. Se faire dépasser dans la numérisation, c’est possible. Mais une solution se trouve toujours dans une bonne différenciation de ce que vous faites par rapport à la concurrence.»

François Pugliese, Elite SA. Matelas connectés. (En réponse à une question d’Esther Coquoz): «Oui, c’est possible d’arriver à rattraper un retard! Pour notre part, nous voulions mieux entrer dans le marché des lits pour l’hôtellerie. Et le faire avec de l’innovation. Venant de l’automobile, l’idée était de louer nos lits à la nuitée. Nous avons donc fait mettre au point des capteurs dans les matelas. On facture chambre par chambre, lit par lit. Nous avons des partenariats avec l’EPFZ pour des lits intelligents. Nous nous adressons aussi au problème de ronflements et pourquoi, pas d’apnée du sommeil, c’est aussi notre but. Avec des collaborations avec nos hautes écoles.»

La raclette, traditionnelle et attendue, a emmené les participants sur les hauteurs. Les Journées romandes de l’usam à Champéry ont vécu une soirée d’échange et de rencontres. La soirée était fraîche mais les cœurs réjouis.

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Dienstag, 28. Juni 2016

Interview du président Jean-François Rime

Jean-François Rime, président de l’usam avait son anniversaire ce jour-là (28 juin). Quelques extraits de l’interview du conseiller national fribourgeois par Jérôme Favre (RRR).

Brexit: «Un sujet important qui va concerner toute l’Europe. La Suisse sera touchée. Il faut prendre les choses calmement. La situation de l’UE se détériore. Cette décision des Anglais obligera les Européens à se réformer. Nous sommes parmi les meilleurs clients de l’Angleterre et celle-ci pourrait faire son retour dans l’AELE.»

 

RIE III: «Genève et Vaud devront faire des efforts. Mais il y a des cantons en Suisse alémanique qui ne seront presque pas touchés. Le but était de faire ce qui était nécessaire et rien de plus. Cela nous a été imposé de l’extérieur. Il faudra quand même se battre lors du référendum.»

Retraite: «Le plus gros dossier de cette législature. Les Etats ont essayé de régler cela à la fin de législature mais ils l’ont mal traité. Trois paramètres. Les cotisations, l’âge de la retraite et les rentes. Pas d’autres critères. On a un vieillissement de la population. Il faut prendre des mesures. Sur AVS plus: on fera la campagne contre, c’est irresponsable et nous la combattrons.»

Formation: «C’est le sujet numéro 1. Nos artisans se dépensent beaucoup pour la formation. Nous aurions voulu augmenter les crédits pour la formation duale. Le marché évolue, les connaissances évoluent, il faut s’adapter aux nouveaux défis.»

Formation et révolution numérique

Fabien Loi-Zeda, professeur ordinaire et doyen de la HEIG-VD, Centre de formation continue: «Oui, j’étais prof de latin ! Les grands changements économiques ne se font pas en un un jour. Les choses bougent très fort, en particulier dans l’ingénierie des médias. Voici une longue liste de termes qu’ils utilisent. Sur ces 375 alumnis sortis de ce département Comem, il y a 325 appellations de métiers différents! Certains de ces métiers vont disparaître. Je plaide ici pour une formation de base forte qui lui permettra de changer six à sept fois de métier au cours d’une vie professionnelle. On construit sa vie professionnelle et sa formation continue comme sa maison. On s’adresse à des professionnels. Ne confondons pas l’acquisition de modules de complémentaires avec un outil qu’il faut acquérir ponctuellement pour sa PME. Tout le monde est pour la formation continue. Mais lorsqu’il faut sortir son portemonnaie, il n’y a plus personne. Il faut dépolitiser le sujet.»

Pierre Kuonen, professeur HES-SO / FR, vice-président de la section romande de l’association suisse d’informatique SISR. «Cette révolution touche maintenant aussi les cols blancs. Les journalistes remplacés par un logiciel pour traiter des recommandations d’analystes chez Forbes. Le robot nounours qui porte les malades. Un logiciel d’analyse juridique dans la propriété intellectuelle. Chacun a son premier robot à la maison. Chez Amazon, les armées de robot pour stocker le stockage. A l’armée aussi ce sera le cas. Des robots barman préparent des cocktails. Les robots réceptionnistes dans un hôtel au Japon. Les Japonais avec Pepper essaie de vous rendre heureux, notamment pour du baby-sitting. Les robots seront utilisés dans l’enseignement. Mais cela devient une réalité : les navettes sans chauffeur. Avec trois conséquences. 1) L’informatique avancée ou décisionnelle. Des algorythmes analysent des données et en font de la connaissance. 2) les objets connectés. 3) les robots. Adzuna, un moteur de recherche, donc une machine, vous dit que le domaine de l’informatique est le plus grand créateur d’emplois en 2016. Trois groupes de métiers émergent: a) les data scientists. b) les spécialistes en cloud computing. c) les développeurs d’applications mobiles : dans ce domaine, une place est encore possible pour les autodidactes. Mais cela devient de plus en plus difficile. En Suisse, la pénurie d’informaticien est programmée. Les entreprises nous piquent des étudiants, nous les encourageons à poursuivre leur formation s’ils ont du potentiel. Mais nous ne cherchons pas à les retenir.»

PK: «Ce métier n’attire pas les jeunes femmes. Pourtant, c’est créatif. Le métier a une mauvaise image, comme l’autiste de Jurassic Parc.»

Federico Ventrici. Responsable de formation, FCR, fédération des carrossiers romands. «Y a-t-il un avenir? Les réparations diminuent. Notamment en raison des aides à la conduite. En vingt ans, on est passé à un véhicule truffé de capteur et hyper connecté. Ce métier reste de l’artisanat. On travaille avec de nouveaux matériaux et de nouveaux outillages. Cela coûte très cher. Nous devons développer une formation qui réponde à 90% des besoins de carrosseries. Au plus près de la réalité du marché et des nouvelles technologies. Nous avons revu aussi la formation continue. Avec des modules sur les anciennes techniques, la gestion d’entreprise et les nouvelles technologies. Je me pose la question: les ateliers de réparation deviendront-ils des halls de maintenance? Certaines carrosseries vont aussi disparaître à terme.»

PK: «On peut toujours produire plus avec moins de gens. Est-ce que l’on peut continuer comme ça?»

LZ: «Ne pas s’inquiéter de la disparition de certains métiers. Cette notion de transhumanisme n’est pas traitée de la même manière en Europe et en Californie, elle doit être prise au sérieux. Ce n’est pas une mode, mais un passage obligé. Et derrière, il y a autre chose.»

Joëlle Racine, secrétaire politique responsable de la formation Unia Centrale, Berne. «Quid du lapin et de la tortue, arrivera en premier? Dans l’industrie, quel est le risque de déqualification des travailleurs? Dans les services, les plateformes numériques sont une concurrence déloyale face aux entreprises responsables et formatrices. Au niveau de la destruction de l’emploi, il faut mettre l’accent sur la formation pour prendre ce virage numérique. La perte d’emplois est prévue pour les emplois peu qualifiés et certaines professions intellectuelles. Il faut voir la formation comme un investissement et non comme un facteur de coûts. La fracture numérique risque de s’accroître. Il faut donc investir aussi dans la formation professionnelle supérieure. J’aimerais mettre l’accent sur le partenariat social dans les branches avec des clauses en faveur de la formation. A l’image de la maison romande du nettoyage. Le déterminisme technologique n’existe pas. La formation est un élément stratégique. Nous avons tous et toutes les outils pour réagir.»

Hyper-réglementation et numérisation

Suite des débats avec Mathias Reynard (CN PSS/VS), Aldo Ferrari (vice-président unia), Philippe Nantermod (CN PLR/VS) et Jean-Pierre Grin (CN UDC/VD). Discussion animée par Jérôme Favre (RRR).

Jérôme Favre (JF): Le changement est en cours, explique Jérôme Favre, qui anime le débat. La numérisation a ses avantages, mais aussi ses facettes obscures. Est-ce une chance ou danger pour la Suisse ?

Mathias Reynard (MN): La numérisation n’est ni toute noire, ni toute blanche. Mais le monde politique a beaucoup de retard.

Aldo Ferrari (AF): «Elle offre des opportunités. Ce qui m’inquiète plus, avec elle, c’est la peur. Cela n’a pas de sens d’aller contre cette évolution. Il y aura aussi un débat public et philosophique sur ce que nous voulons.»

Philippe Nantermod (PN): La loi de Moore, qui double les capacités tous les deux ans. Pour la Suisse c’est une chance. Sinon, nos concurrents nous surpasseraient très rapidement.

Jean-Pierre Grin (JPG): «Le changement est en marche. C’est un défi pour les entreprises. Et au niveau politique, il faut réagir beaucoup plus vite.»



JF: «La peur, la sécurité … que doit faire la Confédération?»

JPG: «Eviter de mettre en place certaines cautèles inutiles. Si les législations sont trop pointues, on va menacer certaines PME.»

MR: «Le vote électronique est un bon exemple. Pour moi le plus important c’est la sécurité, pas la vitesse.»

PR: «C’est anecdotique. La comptabilité numérique, par exemple, c’est beaucoup plus important. Mais la vraie question, c’est celle du rôle de l’Etat. Ce dernier est-il un papa qui intervient ou vit-il en retrait? La Suisse ne doit pas rater le coche. Elle a le choix entre appliquer la R&D en Suisse et développée ailleurs ou faire elle-même la RD avant de l’exporter? Mais si l’Etat commence à mettre les mains partout et à tout verrouiller, la recherche ne pourrait plus se faire en Suisse. L’Etat doit doncrester en retrait.»



AF: «Nous n’avons aucun intérêt à ce que le citoyen ait peur. Notre démocratie est-elle adaptée à la vitesse du numérique? Non. Nous sommes un petit pays, une particule, nous avons des atouts.  Quand il y aura des retards de paiement dus à des logiciels chinois, on verra si les gens restent sereins.»

MR: «Il est nécessaire d’avoir des programmes de recherche et de pouvoir fixer des priorités. Le dernier programme de recherche du fonds national sur la robotisation date de 1998! On a des besoins qui augmentent, du nombre d’étudiants. Quand on n’augmente pas assez, cela recule!

AF: «L’autre financement, ce sont nos fonds de formation paritaire. Nous avons un intérêt commun. Il y a eu des attaques notamment dans la Weltwoche. On fait parfois de grands pas en arrière. Nos besoins en matière de formation vont augmenter fortement.»

PN: «Cette attitude de la gauche est irresponsable. Elle veut brider toute la recherche. Mais internet ne s’est développé que grâce à de la recherche privée. On a tort de diaboliser la recherche privée.»



MR: «Distinguons plutôt la recherche fondamentale de de la recherche appliquée. On veut que le financement public soit majoritaire dans les programmes de recherche. Que Novartis amène des restrictions sur des nominations, cela n’est pas acceptable!»

PN: «Nos entrepreneurs sont arrivés au top parce qu’ils ont investi dans la recherche. Nous devons encourager les entreprises à collaborer à la recherche. Et surtout ne pas brider ces partenariats.»

JF: «Sur Uber et la réglementation des conditions de travail?»

AF: «Chez Uber, il n’y a plus de contrats de travail. Les outils numériques permettront aussi d’améliorer les conditions de travail. Je pense qu’il y aura des changements sur les durées de travail. Demain, les 35 heures qui vous font sourire à propos de la France seront probablement trop d’heures. La réglementation est inévitable, sous forme de contrats collectifs. Il faudra trouver de nouveaux instruments pour légiférer.»

JF: «Qu’est-ce qui est nécessaire en termes de réglementation?»

MR: «C’est nécessaire d’éviter la jungle. Et au minimum il faut avoir une vision d’avance. 45% des emplois sont menacés selon une étude d’Oxford.»

JPG: «L’évolution est permanente. Voyez l’agriculture! On doit flexibiliser les retraites, les durées de travail, mais en évitant un cadre rigide.»
PN: «A mon avis, on ne doit rien faire. Sur la disparition des emplois, dans les années trente, le Conseil d’Etat valaisan a interdit les machines de chantier parce qu’il y a eu des émeutes. Le Tribunal fédéral ne l’a pas admis cette interdiction. A cela s’ajoute le fait qu’il n’y a jamais eu autant d’emplois. Santé, bien-être, les emplois augmentent beaucoup dans ces secteurs. J’aimerais aussi souligner que Uber, c’est aussi la volonté des employés, pas seulement des employeurs. Notre génération veut plus de flexibilité et moins de rapport de subordination comme il y en a dans le contrat de travail. Quant au fait que je paie un taxi, cela ne regarde que moi et le chauffeur. Ceux qui veulent empêcher cela sont des fossoyeurs de l’économie.»

MR: «PN a raison, il y aura aussi de belles opportunités. On ne peut toutefois pas dire que tout va bien dans la branche de l’hôtellerie, avec une telle concurrence déloyale. Nous ne sommes pas non plus en accord sur le rôle de la Confédération. Tout ne va pas bien et on ne peut pas attendre les bras croisés.»

JPG: «Le nombre de retraités est toujours plus important. L’Etat doit mettre un cadre, mais suffisamment large pour que l’on puisse investir et développer. Dans les plus jeunes générations, les gens sont plus flexibles sur les horaires de travail.»

AF: «On peut faire évoluer, mais pas seulement en enlevant la protection, il faut aussi ajouter de la protection et la numérisation permettra peut-être de le faire de manière intelligente.»
Questions de la salle:
«On consomme plus. Comment va-t-on compenser l’augmentation de la productivité par le fait qu’on ne pourra pas consommer plus.»

PN: «L’imagination humaine pour les besoins est assez limitée alors que les moyens sont limités. Avec la numérisation, on emploie toujours moins de ressources. Et plus de services. Quand une ressource manque, son prix monte. Et on change de ressource. Cela devient intéressant de faire des investissements ailleurs. A condition de rester dans un marché libre.»

AF: «Pour moi, la planète atteindra sa limite. Nous ne serons pas là pour le voir.»

PN: «Le contrat de travail présente des avantages pour une relation de long terme. Même dans le numérique, c’est valable.»

JF: «La recette en un mot pour les PME et la numérisation?»

JPG: «La formation.»

AF: «La démocratie directe.»

PN: «Un marché libéral sans Etat qui glisse des bâtons dans les roues.»

MN: «Une offensive de formation et le partenariat social.»

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Referate / Präsentationen (nur in französischer Sprache, PDF-Dateien)

Montag, 27. Juni 2016

  • Numérisation : ébauche de définition et grandes questions économiques
    • Prof. Martin Vetterli, chercheur en ingénierie, président du Conseil national de la recherche du FNS, futur président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne EPFL (fichier PDF)
    • Julien Groscldaude, irecteur des relations publiques SUISSEDIGITAL (PDF / Powerpoint)
  • Réalité du numérique en Suisse et possibilités de business

Dienstag, 28. Juni 2016

  • Formation : les métiers de demain
    • Fabien Loi Zedda, professeur ordinaire et doyen HEIG-VD, Centre Formation Continue (PDF / Powerpoint)
    • Pierre Kuonen, professeur HeS-SO/FR, vice-président section romandie de l'association Suisse d'informatique (PDF)
    • Federico Ventrici, responsable de formation, Fédération des carrossiers romands FCR (PDF / Powerpoint)
    • Joëlle Racine, secrétaire politique responsable de la formation Unia (PDF / Powerpoint)

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